Histoires de Q

Histoires porno, récits mouillants et bandants pour nanas et mecs hétéro et homo

24 juillet 2008

Anchise et Aphrodite

Ce jour-là, comme à mon habitude, je faisais paître mes troupeaux sur le sommet du mont Ida. C’était peu après midi. Mes camarades s’attardaient à déjeuner, échangeant des plaisanteries en croquant des figues sèches et des noix. J’avais mangé légèrement ; je me levai et quittai les cabanes pour rejoindre mes troupeaux qui paissaient un peu à l’écart. Je m’assis à l’ombre d’un platane et je pris ma cithare pour jouer quelques airs.


Un parfum féminin m’éveilla de ma rêverie. Tournant la tête, je ne vis d’abord personne. Me retournant, je constatai que mes compagnons avaient à leur tour quitté les cabanes, emmenant les troupeaux paître plus loin, hors de ma vue. Je me levai, le cœur inquiet. De nouveau, le zéphyr m’apporta une odeur suave et riche, pareille à celle des onguents qu’employaient les femmes au palais royal de Troie. Je vis bientôt paraître au détour du sentier une jeune fille de haute taille, magnifiquement vêtue. Sa tête était couverte d’un voile scintillant ; ses poignets et son cou étaient ornés de bracelets d’or. Aussitôt, je fus pris de crainte : plus que sa parure, l’éclat de son teint et le feu de son regard me laissaient deviner une immortelle descendue sur la Terre.

 

Baissant les yeux, je m’adressai humblement à elle : « Salut, reine ! Sans doute es-tu Artémis, la chasseresse à l’arc d’or, ou la brillante Léto, Aphrodite la blonde, la vénérable Thémis ou Athéna aux yeux d’azur. Ou bien tu es l’une des Grâces que nous nommons immortelles, ou une nymphe de ces bois, ou une naïade de ces rivières. Je t’élèverai un tertre sur le plus haut sommet de l’Ida, et je t’offrirai en sacrifice la plus belle de mes bêtes. En retour, sois-moi bienveillante : fais de moi le plus illustre des héros troyens, donne-moi une descendance florissante et accorde-moi une longue vie ! »

 

N’entendant d’abord aucune réponse, je me hasardai à jeter de nouveau les yeux sur elle. Son regard pénétra en moi et je fis un pas en arrière. Puis son air de majesté, qui m’avait si vivement frappé, parut s’adoucir. A y regarder de plus près, elle ressemblait davantage aux jeunes filles que mes camarades et moi courtisions près des fontaines. Sa parure et ses riches vêtements semblaient toujours extravagants dans ce décor champêtre, mais je raisonnai qu’elle devait être la fille d’un hôte de marque au palais de mon oncle, et qu’elle avait dû se perdre. Sa grâce et son air d’innocence achevèrent de me séduire.

 

« Pourquoi te moques-tu de moi ? », me répondit-elle. « Je ne suis pas une déesse. Mon père ne t’est pas inconnu : c’est Otrée, qui règne sur la Phrygie. Je jouais avec mes campagnes quand Hermès, Tueur d’Argos, m’a enlevée et conduite ici. Il m’a dit que j’étais destinée à épouser Anchise, et à lui donner de beaux enfants, puis il m’a abandonnée ici.

 

Voilà pourquoi je me présente à toi. Je t’en prie, conduis-moi vers tes parents et envoie un message chez les miens, en Phrygie, pour les rassurer. Je n’ai encore jamais connu le joug de l’amour, et mes parents sont de noble lignée. Ils t’enverront de riches présents. Accepte-les, et prends-moi pour épouse, puisque telle est la volonté des dieux. »

 

Elle baissa les yeux, et ses joues se teintèrent de rose. Je fus pris d’un violent désir pour elle, qui s’offrait à moi avec autant d’ingénuité. L’endroit était désert, et je résolus d’obéir sans plus attendre à l’ordre divin. Je répondis aussitôt : « Si tu dis vrai, si tu es mortelle et si Otrée est ton père, je t’épouserai et tu seras appelée ma femme. Quand bien même Apollon me menacerait de ses flèches, je partagerai ta couche ! » Je pris sa main ; elle rougit encore mais ne me repoussa pas. Je plantai un baiser sur ses lèvres ; son parfum m’enveloppa et acheva de me faire perdre la tête. Enhardi par l’absence de résistance, je renouvelai mon baiser. Elle ferma les yeux, frémissante, s’abandonnant à moi. Je la pris dans mes bras et l’embrassai avec plus d’ardeur. Ma langue se glissa entre ses lèvres, cherchant la sienne. Elle me répondit timidement, ses deux mains plaquées contre ma poitrine.

 

Alors, je l’emportai jusque sous le platane, et la déposai sur mon manteau. Son voile tomba de ses épaules. Je dénouai le bandeau qui entourait ses cheveux, et ils tombèrent en longues boucles blondes sur ses épaules. Je défis ses bracelets – sans ses bijoux, elle me parut plus jeune, presque fragile. Je dégrafai sa ceinture. Sa tunique marquait les contours de son corps, sa taille gracile et ses hanches. Respirant avec force, elle me prit par le cou et m’attira à elle. Je l’embrassai de nouveau et ma main se referma sur son sein gauche. Elle tressaillit, mais ne me repoussa pas. Je sentis son mamelon se durcir sous ma caresse. Ma main gauche passa sous sa tunique et se posa sur sa cuisse. Sa peau était chaude et douce, sans défaut. Je remontai la main jusqu’à ses fesses et les caressai longuement. Elle commença timidement à parcourir mon corps de ses mains, m’effleurant la poitrine puis descendant le long de mon dos

 

N’y tenant plus, j’arrachai plus que je n’enlevai les agrafes de son chiton, qui se défit et tomba sur le côté, la dénudant entièrement. Je poursuivis mes baisers, descendant le long du cou jusqu’à ses seins. Ma bouche se referma sur l’un des mamelons. Je le pris entre mes lèvres et commençai à sucer doucement. Elle poussa un petit cri et renversa la tête en arrière. L’une de mes mains caressait son ventre ; je poussai plus bas et effleurai son mont, recouvert d’un fin duvet doré. Inconsciemment, elle avança son bassin vers mes doigts. Mon index effleura le contour de sa fente et parcourut ainsi quelques allers-retours, puis j’écartai ses lèvres et pénétrai son intimité humide. Elle soupira de plaisir quand mes doigts trouvèrent son clitoris et commencèrent à le caresser. Quittant son sein, ma bouche se posa de nouveau sur la sienne.

 

Elle me serrait très fort dans ses bras et commença à gémir doucement. Je pris sa main et la posai sur mon sexe, qui pointait au travers de ma tunique. Elle eut d’abord l’air surprise, puis s’enhardit à me caresser. Je me dévêtis rapidement et nous nous trouvâmes tous les deux complètement nus. Elle prit ma verge dans la main et commença à monter et descendre, non sans hésitation. Ma respiration saccadée lui montra qu’elle était sur la bonne voie.

 

Son inexpérience manifeste m’excitait au plus haut point. De peur d’en finir trop vite, je repoussai sa main et j’écartai doucement ses jambes. L’instinct lui vint en aide, et elle souleva les hanches pour m’accueillir. Je guidai mon sexe entre ses lèvres, trouvai l’entrée et la pénétrai. Son étroitesse et la résistance que je rencontrai me confirmèrent qu’elle était vierge. J’accentuai ma pression et je la regardai : ses yeux étaient fermés et sa bouche, serrée. D’un coup de reins, je la fis femme. Elle cria, mais je la rassurai par des mots doux, en l’embrassant. Je la pénétrai lentement, jusqu’à ce que l’extrémité de ma verge atteigne le fond de son vagin. Je restai quelques instants immobile, savourant la chaleur et l’exiguïté de son sexe. Ce fut elle qui entama la danse, par quelques mouvements du bassin, et je suivis.

 

J’allais et venais lentement, laissant mon sexe sortir presque entièrement d’elle avant de l’enfoncer de nouveau. Perdant toute retenue, elle gémissait de plus en plus fort. Bientôt, je sentis son vagin se contracter autour de moi. Elle écarta plus largement les jambes pour m’accueillir au plus profond d’elle. Sa bouche se colla furieusement sur la mienne, sa langue se tortillant comme celle d’un serpent. J’accélérai le rythme, la bourrant à grands coups de reins. Elle jouit une première fois à grands cris, le bassin agité de mouvements frénétiques. Miraculeusement, je parvins à me retenir. Je ralentis, profitant des pulsations de son sexe. Elle me prit le visage à deux mains et me regarda droit dans les yeux. Ses joues étaient teintées de rose, sa peau était humide de sueur et ses yeux brillaient.

 

Puis elle ferma les yeux et se mit à rire. Un peu étonné, je m’arrêtai. Quand elle rouvrit les yeux, son visage s’était métamorphosé. Son regard timide de jeune vierge avait disparu, mais je n’eus pas le temps d’y penser davantage. Elle me repoussa doucement. Je me relevai, mon sexe se sépara du sien et apparut, rouge et dressé, couvert de sa cyprine. De la main, elle me poussa à m’asseoir. J’obtempérai et m’allongeai à mon tour sur mon manteau. Elle ramena ses cheveux derrière l’oreille et se penchant vers moi, embrassa mon vit.

 

J’étais immobile, muet de surprise. Etaient-ce là les manières d’une jeune fille ? Ces faveurs, je le savais, on ne les demandait qu’aux prostituées. Encore les courtisanes de haut vol rechignaient-elles à les accorder. Elle, ma belle inconnue, força mon sexe à travers ses lèvres. Sa bouche glissa le long de ma queue et d’un coup, je sentis mon gland atteindre le fond de sa gorge. Lentement mais sûrement, elle remonta jusqu’en haut. Elle embrassa de nouveau mon sexe, puis sa langue mutine commença à le lécher par petite touches. Sa main saisit mes couilles et joua avec elles, les soupesant et les pétrissant délicatement. Gardant mon gland en bouche, elle prit mon sexe de l’autre main et commença à me branler.

 

Elle continua ainsi, alternant entre sa main et sa bouche, jusqu’à ce que la tension s’accroisse dans mes couilles. Je posai la main sur sa tête pour la guider, l’incitant à accélérer. Elle prit de nouveau mon vit en bouche, et enserra la base de ma queue de ses doigts. Mon sexe était gonflé à se rompre. Je sentis la pression augmenter jusqu’à ce que je sente un jet puissant jaillir de mon manche, m’arrachant un cri de jouissance. Elle continua doucement à aller et venir, buvant mes jets saccadés de foutre, jusqu’à ce que mon sexe devienne trop sensible et que je lui demande d’arrêter.

 

Elle releva la tête, me sourit et m’embrassa à pleine bouche. Pour la première fois, je goûtai un sperme d’homme – le mien. Je savais que certains débauchés buvaient ainsi le foutre de leur jeune amant, et l’idée m’avait toujours dégoûté. Elle me parut ici incroyablement érotique. Le goût était salé, un peu amer, pas désagréable. Elle se pencha à mon oreille et murmura : « Et maintenant, est-ce que tu veux me goûter ? » Je la regardai sans comprendre. Elle rit et s’allongea sur l’herbe. « Viens », me dit-elle. Docile, je rampai jusqu’à elle. Elle écarta les jambes, montrant son sexe encore tout gonflé. Elle commença à se caresser devant moi, passant le majeur et l’index sur son clitoris dressé. « Viens », répéta-t-elle. Fasciné, je m’accroupis entre ses jambes. Elle soupira, se releva un peu, et poussa ma tête vers son sexe. « A toi ».

 

Comprenant enfin ce qu’elle voulait de moi, je me mis à rougir. Je ne voulus pas la décevoir, cependant, et je baissai la tête jusqu’à elle. Une odeur chaude et musquée m’envahit. J’embrassai son mont, puis je descendis avec la langue le long de sa fente. Un long soupir d’aise m’encouragea à continuer. Je pris son clitoris entre mes lèvres et le suçotai quelques instants, puis ma langue fouilla plus bas, entre ses lèvres recouvertes de cyprine. Je commençai à la lécher avec application, buvant son jus qui coulait avec force, fouillant de la langue les moindres recoins. Enhardi, je glissai un doigt à l’intérieur tout en léchant son clitoris. Elle se mit à gémir et posa ses deux mains sur ma chevelure, ses doigts serrés sur mes boucles. J’introduisis un deuxième doigt et je massai l’intérieur de son sexe, cependant que son bassin était traversé de violents sursauts. De mon autre main, je pétrissais ses fesses.

 

Pendant que je la léchais ainsi, mon sexe avait repris vie et se dressait de nouveau, palpitant, prêt à en découdre. Je me relevai. Elle protesta, mais ma bouche se posa sur la sienne pour la faire taire. Nos langues se mêlèrent, et ce fut à son tour de goûter son jus, ce qui n’eut pas l’air de lui déplaire. Pendant ce temps, je la pénétrais de deux doigts, pendant que mon pouce chatouillait son clitoris. Je sentais les contractions de son vagin autour de ma main. Quand elles s’accélérèrent, je me mis en position pour la pénétrer. Elle me repoussa en disant : « Non, continue ! » Je ne l’écoutai pas et posai mon gland contre son sexe. D’un air boudeur, elle se retourna, allongée sur le ventre.

 

« Qu’à cela ne tienne », pensai-je. J’écartai ses jambes et m’allongeai sur elle, bras tendus. Elle ne se défendit que très mollement. Je caressai mon vit contre ses fesses et descendis lentement le long de sa raie pour trouver l’entrée. D’un coup sec, je fus en elle. Je l’enserrai du bras gauche pour la relever un peu, et ma main droite se glissa contre son ventre pour descendre jusqu’à sa fente. Je pris son clitoris entre le pouce et l’index, et entrepris de le masser tout en continuant à la bourrer. Ma bouche se posa sur son cou, que je picorai de petits baisers. A ce rythme, elle ne mit pas longtemps à pousser des cris de plaisir. Quant à moi, je haletais et ma queue était en feu, serrée en elle encore plus fort que la première fois. Je la labourai à grand coups de reins, gémissant chaque fois que j’entrais en contact avec ses fesses.

 

Ses cris se faisant plus rapides, et je sentais son sexe se contracter violemment. Approchant moi-même du but, j’abandonnai son clitoris pour lui saisir les fesses à pleine main. Mes lèvres happèrent le lobe de son oreille et le mordillèrent. Nous atteignîmes la jouissance presque en même temps : elle fut prise des spasmes la première. La force des pulsations m’acheva et j’explosai en elle à longs jets de foutre. Je donnai encore quelques coups lents puis je m’effondrai sur elle, anéanti. Nous restâmes quelques instants l’un dans l’autre. Je sentis mon sexe se détendre et sortir doucement du sien, dégoulinant de sperme. Ce furent mes dernières sensations, puis je m’endormis, vaincu par la jouissance.

 

Je fus réveillé par une voix qui me dit : « Fils de Dardanos, réveille-toi ». Ahuri, je levai la tête. Elle avait repris ses splendides vêtements. Sa taille dépassait de plusieurs coudées celle d’un homme, et son visage resplendissait d’un éclat terrible. « Maintenant », dit-elle d’une voix forte comme les montagnes, « dis-moi si je ressemble à celle de tout à l’heure ». Rempli de crainte, je saisis mon manteau dont je me couvris le visage et le corps. « Déesse », balbutiai-je, « je t’ai saluée comme telle dès que je t’ai vue. Tu ne m’as pas dit la vérité. Je t’en conjure, aie pitié de moi et ne me prive pas de ma vigueur d’homme. » « Rassure-toi », me répondit la fille de Zeus. « Tu n’as rien à craindre de moi ni des autres divinités, car tu es aimé des dieux. Un fils de te naîtra qui règnera parmi les Troyens, il portera le nom d’Enée. Tu diras qu’il est le fils d’une nymphe : ne te vante pas d’avoir partagé ma couche. »

 

Ayant ainsi parlé, elle regagna l’Olympe, et je ne la revis jamais. Un jour, pris de vin, je racontai l’aventure à mes compagnons de beuverie, avec force détails. Le lendemain, je fus frappé par la foudre alors que, surpris par l’orage au sommet du mont Ida, je m’étais réfugié sous un platane.

Auteur : Tom Rakewell


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05 mai 2008

Le Décameron revisité

L'histoire ci-dessous est très directement inspirée d'un des contes que Boccace a écrits et rassemblés autour de 1350 sous le titre de 'Le Décaméron'.
Comme une large partie de la littérature médiévale, le Décaméron aborde le thème de la sexualité avec une gaillardise certaine. Maris ou femmes trompés, hommes ou femmes qui tombent dans les pièges tendus par l'autre sexe, ont fait les délices des lecteurs hier comme aujourd'hui. Chez Boccace, nombreux sont les contes qui frôlent la franche paillardise, tel ce conte dans lequel le mari entend parler qu'on pourrait, par une opération magique, transformer sa femme en jument, ce qui augmenterait ainsi le travail qu'elle serait capable de faire à la maison. Cette transformation quasi miraculeuse semble facile à réaliser, le seul moment difficile étant celui où on doit lui planter la queue ! Pendant que je mari attend dans la pièce à côté, l'ami charitable qui réalise cette transformation relève ses chausses, se met nu et plante la queue de la jument… à sa façon !
C'est cette veine gaillarde qu'utilise l'histoire qui est proposée ci-dessous : elle est très largement une simple traduction .du texte de Boccace, traduction fidèle, se contentant tout au plus de moderniser certaines expressions d'allure trop archaïque. A d'autres rares moments, le texte original est paraphrasé ou légèrement transformé, simplement pour l'adapter aux exigences des lecteurs contemporains en faisant mieux faire ressortir la continuité du récit. Enfin, deux épisodes de l'histoire, que Boccace évoque rapidement en quelques mots, en ont été développés plus longuement par l'auteur de ces lignes, en imitant autant que faire se peut le style du reste du récit afin de les intégrer dans celui-ci, l'objectif ultime étant de transformer une situation érotique en une histoire nettement pornographique et de donner à cet aspect du conte une place majeure. En effet, Boccace, certainement freiné en cela par les traditions tant littéraires que sociales et culturelles de son temps, s'est limité dans son conte à un érotisme sous jacent, toujours présent mais jamais exprimé autrement que de façon allusive.
C'est donc à ce niveau que l'auteur de cette version moderne et peu orthodoxe a travaillé, essayant de conserver le ton de l'oeuvre originale mais faisant néanmoins de celle-ci un texte à réserver aux adultes avertis.

(Références du conte dans l'œuvre de Boccace : Jour 9 - livre 6)

Dans la plaine de Mugnone, dans la région de Florence, vivait, il n'y a pas très longtemps, un homme simple mais bon qui tenait une si misérable auberge qu'il ne fournissait que les repas aux voyageurs et ne pouvait les loger, sauf ceux qu'ils connaissait - et encore le faisait-il rarement car il n'y avait pas de chambre dans son auberge et il devait alors loger ces hôtes dans sa propre chambre.
Cet homme excellent était marié à une femme très jolie qui lui avait donné deux enfants, une fille d'environ quinze ou seize ans, nommée Niccolosa, jolie comme le printemps, pas encore mariée, et vierge encore; l'autre enfant du couple était une petit garçon qui n'avait pas encore un an et que sa mère nourrissait au sein.

La jeune fille avait trouvé les faveurs d'un jeune gentilhomme d'une autre cité qui ne venait que rarement dans le voisinage de Mugnone. Il avait de belles et bonnes manières et aimait sa dulcinée d'un amour vrai et sincère qui tenait de la passion. Quant à elle, flattée qu'elle était au plus haut point d'être aimée par un si noble jeune homme, elle fit tout ce qu'elle pouvait pour se bien comporter avec lui afin qu'il conservât la considération qu'il avait pour elle, et, ce faisant, elle tomba amoureuse de lui.
Plusieurs fois, leur amour mutuel aurait pu porter ses fruits et leurs corps auraient pu s'unir, mais Panuccio - tel était le nom du galant - recula en pensant à la honte qui pourrait rejaillir sur la jeune fille et sur lui-même.

Mais comme sa passion grandissait de jour en jour, Panuccio finit par ressentir l'envie irrésistible de se mettre au lit avec sa belle: cherchant comment faire, il se dit qu'il lui faudrait parvenir à aller loger chez son père, estimant que - d'après ce qu'il savait de la médiocre fortune de cet homme - ce serait une bonne méthode pour parvenir à ses fins. Sage conclusion, se dit-il, qu'il faut de suite mettre en pratique.

Donc, un soir Panuccio et un des se amis, un certain Adriano, en qui il avait toute confiance et à qui il avait avoué son amour et son intention de partager le lit de la jeune fille, les deux jeunes hommes, donc, avaient loué deux chevaux, les avaient chargés de nombreux bagages, comme si c'étaient ceux d'honnêtes commerçants en route pour quelque foire. En fait, ces marchandises étaient fausses, car ces bagages n'étaie t remplis que de paille, mais étaient là pour faire impression sur le pauvre aubergiste. Puis, quittant Florence, ils gagnèrent Mugnone où ils arrivèrent à la nuit tombante.

Faisant un détour, comme s'ils arrivaient par la route de Romagne, ils allèrent jusqu'à la maison du brave aubergiste et frappèrent à la porte. L'excellent homme, qui les connaisait un peu, leur ouvrit la porte. Là dessus, Panuccio lui dit :
"Il faut que tu nous loges ce soir, nous pensions aller jusqu'à Florence, mais bien que nous ayons fait aussi vite que possible, nous sommes arrivés ici et à cette heure tardive, comme tu le vois."
"Seigneur Panuccio", déclara l'aubergiste, " vous savez très bien que je ne peux point vous donner de logement décent qui corresponde à votre rang. Cependant, comme la nuit vous a surpris ici et qu'il est bien trop tard aller jusqu'à Florence, je vais vous loger du mieux que je peux."
Les deux beaux gentils hommes descendirent de cheval, pénétrèrent dans l'auberge, et s'étant d'abord occupés de leurs chevaux, demandèrent à l'aubergiste de leur préparer un repas et l'invitèrent à le partager avec eux.

Quand Niccolosa vit son amoureux venu jusqu'à elle, elle attendit que le père s'éloignât un instant pour quelqu'affaire concernant l'auberge
"Chut, ne dit rien" dit-elle mettant un doigt sur la bouche de Panuccio. Enlevant le doigt de la bouche du garçon, elle le remplaça par sa bouche, par un baiser doux mais passionné, et lui, serrant sa demoiselle contre lui, mêla sa langue à la sienne. Panuccio sentit un désir intense monter en lui. Niccolosa, de son côté, sentit quelque chose de dur qui se pressait contre elle, contre son ventre. Elle savait déjà ce que son amoureux allait lui faire, et elle s'en réjouissait. Aussi ne fut-elle pas surprise quand Panuccio lui demanda alors si elle voulait bien qu'il vînt dans son lit cette nuit. Comprenant que l'heure qu'elle attendait et pour laquelle elle soupirait en vain depuis des mois allait venir la nuit même, Niccolosa sentit le bonheur l'envahir.

Pendant tout le repas, Panuccio et Adriano s'assurèrent que le verre de leur hôte était toujours rempli et ils auraient bien voulu que la femme de l'aubergiste se joignît à eux. Ils pensaient que le vin assommerait le mari et la femme et qu'ils dormiraient lourdement sans risque d'être réveillés par les ébats de Niccolosa et son amant. Malheureusement, la femme, disant qu'elle avait à faire à la cuisine, refusa de se joindre à eux, alors que son mari, que la perspective de boire à volonté et sans qu'il lui coûtât rien, vida à lui seul un grand pot de vin.

Le repas terminé, et après avoir bu un dernier verre, on songea qu'il était l'heure d'aller se coucher. Or il se trouve que cet aubergiste ne disposait que d'une seule chambre, toute petite, dans laquelle il y avait trois lits. Un de chaque côté de la pièce et le troisième contre l'autre mur. Mais la pièce était si petite qu'il y avait juste assez de place pour passer entre ces lits.
Notre aubergiste fit préparer le moins inconfortable des trois lits pour ses hôtes et les y installa. Les deux jeunes hommes, bien qu'éveillés, prétendirent dormir quand le père dit à sa fille de se coucher dans l'un des deux lits libres, tandis que lui-même et sa femme prenaient place dans le troisième. La femme n'oublia pas de tirer le berceau du bébé contre son lit, juste à côté d'elle.

Telle était la façon dont les lits étaient placés et les dormeurs installés. Panuccio, qui avait soigneusement noté les emplacements, attendit assez longtemps pour que tous soient, à son avis, endormis, et il se leva doucement, gagna sans bruit le lit où reposait l'être qu'il adorait et s'allongea auprès d'elle. La jeune et jolie Niccolosa l'attendait non sans une certaine peur mais aussi avec une grande impatience.

"Je te veux dans moi, viens", lui dit-elle, en tentant de chuchoter. Mais son désir était si intense que quiconque eut prêté un peu l'oreille eut entendu la douce demande que Niccolosa formulait.
Panuccio hésita avant de répondre. Non point qu'il eut peur d'être surpris par l'un ou l'autre parent en train d'oeuvrer dans sa douce amie, son corps, et surtout son vit, était maintenant trop tendu pour que cette peur put encore l'arrêter, mais il se sentit si faible et si ignorant de ce qu'il avait à faire. Allait-il savoir s'y prendre ? Serait-il capable d'apporter à Niccolosa ce qu'elle attendait de lui ? Comment allait-elle perdre sa fleur ? Qu'allait-il se passer ? Et la douleur ? Allait-elle avoir mal ?... Mille questions sans réponse traversèrent sa tête.
" Tu sais que je n'ai encore jamais fait l'amour", murmura-t-il.
"Moi non plus, mais j'ai tellement envie de toi dans moi. Viens, cher Panuccio."

La passion les saisit, une passion dévorante qui les précipita l'un contre l'autre. Panuccio fut sur elle aussitôt. Ils n'enlevèrent même pas leurs vêtements, En hâte, Panuccio détacha les cordonnets de la chemise pour avoir accès aux seins de sa bien aimée. releva sa chemise sur son ventre Il fit de même avec sa propre chemise et s'apprêta à pénétrer Niccolosa. Celle-ci écarta largement les jambes : c'était exactement ce qu'il fallait et, d'un coup de reins, Panuccio fut en elle. Elle gémit en sentant le membre la pénétrer. A nouveau Panuccio poussa et sa verge pénétra plus loin. Niccolosa ressentit une douleur et dut même réprimer un cri. Alors elle sut qu'elle n'était plus pucelle et le murmura à son amant. Restant immobile quelques secondes, il l'embrassa ardemment sur la bouche, mêlant sa langue à la sienne et lui chuchotant des mots d'amour.
Puis il l'enfourcha, allant et venant dans l'espace dont il venait de prendre la virginité, enfonçant son vit lentement d'abord mais, ils étaient trop excités pour se contrôler et le rythme de leur accouplement augmenta ; la bête qui était dans chacun d'eux avait faim de l'autre et cette faim devait être assouvie.
Niccolosa eut un orgasme, puis un autre avant que Panuccio ne décharge tout au fond de la belle Niccolosa.

C'est ainsi qu'ils trouvèrent la satisfaction d'un besoin urgent, le besoin presque animal de deux amants qui s'attendaient depuis des mois; un besoin physique qu'il fallait satisfaire avant de pouvoir trouver une plus complète union.

Se tenant serrés l'un contre l'autre, ils s'embrassaient longuement, mêlant les langues comme il venaient de mêler leur sexe. La passion ne fut pas longue à renaître, Niccolosa sentit quelque chose de mystérieusement chaud qui l'irradiait, et lui faisait comprendre que la première étreinte n'avait pas éteint le feu en elle. Quant à lui, il sentit sa virilité se dresser et comme les amants étaient collés l'un contre l'autre, elle ne fut pas longue à s'apercevoir de l'ardeur renouvelée de son amant.
Cette fois, sans cesser de s'embrasser ou de se caresser ils se mirent nus, le torse large du garçon contre la douce poitrine de la fille, le vit raide pressé contre le ventre brûlant de Niccolosa .
Il plaça un baiser chaud sur l'un des seins, puis sur l'autre.La tête rejetée en arrière, les yeux fermés, Niccolosa reçut avec ferveur les caresses dispensées sur sa peau sensible.

A son tour, elle entreprit de rendre la même douceur à Panuccio. Elle glissa entre les jambes de son bel ami, embrassant et léchant son torse. Ses mains n'étaient pas immobiles et couraient sur le corps du jeune homme. Elles trouvèrent bientôt sa virilité qui se dressait et s'il y avait eu la moindre lueur dans la pièce, elle eut aperçut le bout déjà humide et brillant tant le désir était grand en lui. D'ailleurs il sentait que ses balles étaient pleines à en éclater. Avec précaution, Niccolosa entoura le membre de sa main et le caressa de haut en bas. Panuccio ne put retenir un gémissement.
"Doucement, chut !" lui rappela-t-elle. Elle ferma les yeux et se lança: sa langue effleura le champignon de son amant,
Il sentit une haleine chaude sur l'extrémité de son vit, et une langue douce comme le velours l'enveloppa. Tout juste parvint-il à contenir un peu un grognement
A nouveau, il gémit, plus fort cette fois et dit à Niccolosa :
"Je t'en prie ma belle, cesse cette exquise caresse, car je ne pourrai point résister longtemps, et nous avons encore beaucoup de chemin à faire ensemble."
"Dommage" murmura-t-elle, "j'aurais bien aimé jouer de cette flûte plus longtemps."
Sentant la déception que Niccolosa éprouvait, Panuccio se fit plus tendre et pensa qu'il pourrait donner à sa belle amie cette même caresse qu'elle voulait lui donner.

Il écarta les jambes de sa maîtresse, s'assit entre celles-ci et, ne sachant trop comment le faire, mais voulant le faire; il pencha la tête vers le ventre de son amie, juste pour sentir. Le nez dans la toison de Niccolosa, il sentait son parfum et du même coup son désir grandissait.
D'une main il écarta les chairs et le parfum monta encore plus fort, plus envoûtant. Fasciné par le parfum et la moiteur, avec grande délicatesse, il passa l'index sur toute la longueur du déduit et, émerveillé par la réaction de sa belle - un gémissement qu'elle ne put retenir- il recommença. Puis, il avança la langue et refit le chemin que son doigt venait de faire, tout au long de la fente de Niccolosa qui s'était ouverte et qui laissait suinter une merveilleuse humidité. La langue de Panuccio remonta un peu, trouva le clitoris et l'entoura plusieurs fois en le suçant doucement. Il le sentit grossir dans sa bouche et pointer tel un petit doigt.
Niccolosa écartait les jambes autant qu'elle le pouvait pour s'offrir à la caresse qui mettait le feu à son corps et serra son ventre contre la bouche de Pannucio.
La langue bien à plat, le garçon parcourut plusieurs fois toute la longueur de la fente,s'y enfonçant aussi loin qu'elle le pouvait, recueillant le jus un peu salé de Niccolosa
Puis il retourna sur le clitoris avec de petits coups vifs de la langue et il le suça. Il ne fallut pas longtemps pour que Niccolosa soit à nouveau emportée par le plaisir. Elle parvint à le faire sans bruit, mais tout son corps se mit à vibrer, et à trembler. Panuccio, qui ne pouvait plus sucer le clitoris, continua cependant à lui donner des coups de langue. Elle lui demanda d'arrêter, mais il continua jusqu'à ce qu'elle lui repousse la tête de ses mains.
"Assez, mon amour, je suis trop sensible de là après les merveilles que tu viens de me faire. Viens dans moi, viens, s'il te plaît."

Tandis que leurs lèvres se serraient encore une fois, le vit raidi de Panuccio trouva l'entrée du déduit, cet endroit magique qui donnait tant de plaisir. Lentement, il s'enfonça dans sa profondeur douce comme de la soie, et en deux ou trois coups il se sentit complètement introduit dans cette délicieuse grotte d'amour. Niccolosa gémit en sentant la verge chaude qui la remplissait, lui tendait les chairs en lui donnant un plaisir inconnu d'elle. Ce fut une telle découverte pour l'un comme pour l'autre qu'ils restèrent immobiles quelques instants à savourer le bonheur d'être ainsi l'un dans l'autre : elle sentait son cher amant qui vibrait en elle, et lui sentait comment elle se contractait autour de son vit. Enfin, la nature reprit le dessus, le besoin de bouger et de s'unir encore plus.

Panuccio la prit complètement, allant et venant dans elle lentement. Ayant répondu à l'appel sauvage de la nature, il pouvait maintenant s'abandonner aux joies de la copulation en prenant tout son temps Il commença lentement sachant maintenant que le plaisir était autant dans l'acte lui même que dans son éclatement final. Niccolosa savourait chaque instant, chaque va et vient de son amant qui lui donnait tant de plaisir. Son ventre était chaud, il brûlait d'un feu nouveau et ce feu s'étendit à tout son corps.

Panuccio l'entendit gémir, sentit sa respiration haletante. Niccolosa coulait en abondance si bien que le jus dégoulinait jusque sur les balles gonflées de Panuccio. Le tunnel d'amour, pourtant étroit, était devenu si mouillé que Panuccio y glissait avec aisance et Niccolosa pouvait répondre à chaque coup de rein par un autre qui enfonçait les deux amants l'un dans l'autre, tout au fond. Il sentait sa bien aimée qui tressaillait autour de lui et elle sentait le membre de son amant qui palpitait en elle. Incapables de se retenir, ils gémissaient de plaisir.

Ils ne furent pas longs à laisser les animaux qui étaient cachés en eux se déchaîner. Niccolosa fut alors sauvagement agressée, prise et violentée et l'instinct animal qui était en elle lui fit répondre à l'agression par de violents coups de reins. Dans le silence de la chambre, on n'entendait plus que le claquement des ventres l'un contre l'autre, le bruit mouillé des sexes qui coulissaient l'un dans l'autre, la respiration saccadée des aimants et leurs gémissements.

Adriano ne pensait plus qu'à remplir sa bien aimée de sa semence et il savait que ça n'allait pas être long. L'extrémité de son vit grossit et durcit, comme cela se fait toujours et, comprenant que le moment allait arriver Niccolosa lui demanda de le faire en elle, lui demanda de la remplir de sa crème d'amour chaude et douce.Cette perspective remplit Niccolosa de d'un plaisir renouvelé, et devançant son amant dans l'extase, elle fut remplie d'un plaisir charnel sous la forme d'une sorte de brûlure qui partait de son ventre et irradiait tout son corps en un déluge de feu et de bonheur. Au même instant son amant jaillissait : elle sentit chacun de ses longs jets laiteux venir tapisser la plus profonde intimité de sa grotte, et, dans son exaltation, elle sut qu'il lui s'était complètement donné à elle, qu'elle avait tout reçu de lui, qu'il s'était fondu dans elle et que leur amour avait grandi jusqu'à devenir infini.

C'est ainsi qu'ils firent l'amour, tendrement et furieusement, restant ensuite insérés l'un dans l'autre jusqu'à ce que le membre de Panuccio ressorte de lui même
"Je t'aime, Niccolosa…", chuchota-t-il avec assurance et passion.
"Moi aussi. Tu es toute ma vie", répondit-elle avec autant de passion.
Il s'embrassèrent, puis ils restèrent allongés l'un contre l'autre, Niccolosa serrée dans les bras puissants de son amant, épuisés, mais se sentant si bien ensemble.

Pendant que Niccolosa reposait ainsi entre les bras de Panuccio, il arriva que le chat de la maison fit tomber certains objets dans la salle à côté de la chambre. Le bruit réveilla l'épouse, et, ne sachant ce qui s'était passé, pensant que ce pourrait être quelque chose de grave, elle décida de se lever et d'aller là où le bruit semblait provenir. Ce qu'elle fit, passant dans la pièce d'à côté dans le noir le plus complet car, cette nuit là, il n'y avait pas de lune et toute la maison était plongée dans une totale obscurité

Au même moment, Adriano se leva, non pas à cause du bruit, qu'il n'avait pas entendu, mais pour satisfaire un besoin naturel. Ne sachant trop où il devait se diriger dans l'obscurité, il trébucha contre le berceau du bébé que la bonne mère avait place contre son propre lit. Comme ce berceau lui barrait le passage, sans vraiment se rendre compte de ce qu'il faisait, il le fit glisser juste contre son lit à lui et sortit pour son affaire. Revenu dans la chambre, il ne pensait plus au berceau qu'il avait déplacé et il se recoucha.

La brave femme passa quelques minutes à chercher d'où venait le bruit, constata qu'il ne s'était rien passé qui méritait qu'elle se levât, et sans se soucier d'allumer une lanterne, admonesta le chat puis revint dans la chambre. A tâtons, elle chercha le lit où dormait son mari, mais elle ne trouva pas le berceau contre lui. Elle se dit donc :
"Ho là! J'allais commettre une erreur, qu'est-ce que je m'apprêtais à faire ? Mon Dieu, j'allais m'installer dans le lit des voyageurs."
Faisant un ou deux pas de plus, elle trouva le berceau et se coucha dans le lit qui se trouvait là, celui d'Adriano, pensant que c'était celui de son mari.

Adriano était encore tout ému dans son corps: il avait entendu Panuccio et Niccolosa s'aimer et maintenant il ressentait une forte excitation. Les jeunes gens avaient pris le plus grand soin de ne pas faire de bruit, mais malgré cela, Adriano avait pu suivre chaque moment, tous les soupirs, les mots à demi murmurés, puis le bruit de baisers et de caresses, quelques mots échangés au milieu de soupirs, ensuite une autre bruit, celui d'une de bouche, un bruit mouillé , un peu comme si quelqu'un lapait son assiette de soupe. Plus tard, un bruit désordonné, suivi d'un petit t cri: Adrianao compris alors que Niccolosa était devenue une femme. Des mots échangés à l'oreille, puis Adrianao un mouvement régulier de va et vient, lent d'abord puis s'accélérant ponctué petits gémissements mal réprimés et de plus en plus nombreux. Des bruits discrets mais tellement remarquables, les draps qui se froissent à chaque mouvement, les corps qui se touchent avec un petit claquement, le bruit mouillé de la pénétration, et des soupirs de plaisir impossibles à faire taire. Bientôt, il avait entendu la respiration de chacun des deux amants qui s'affolait presque en même temps, il savait qu'ils approchaient de l'extase. Le bruit des corps dans le lit s'était fait plus violent et incontrôlable, les gémissements étaient plus forts et devenaient presque des cris. Puis, plus rien, sauf le bruit de leur respiration qui peu à peu se clamait et redevenait normale. Adriano imagina leur bonheur, dans les bras l'un de l'autre…

Toute cette scène lui avait tourné les sens et son vit avait durci et s'était dressé. Il se dit même qu'il allait avoir du mal à se rendormir dans l'état où il était !

Or, par hasard, la femme vint à toucher cette partie du corps. Elle s'étonna et se réjouit de trouver son mari dans cet état, car, pensa-t-elle, cela faisait des mois qu'il ne pouvait plus s'approcher d'elle. Pas encore complètement convaincue, elle toucha à nouveau, serra et flatta le membre qu'elle sentit durcir sous ses doigts.
Naturellement, Adriano, qui était non seulement éveillé mais particulièrement réceptif, reçut ces hommages avec tout l'intérêt qui leur était dû et décida de s'occuper de la dame avec empressement.
Quand la dame s'adressa à celui qu'elle pensait être son mari pour exprimer son agréable surprise après avoir constaté son état, Adriano, pour ne pas être trahi par sa voix, se contenta d'un petit grognement, et, mettant son ventre à hauteur du visage de la femme, il lui présenta son vit. Voilà bien longtemps qu'il ne me demande plus cette caresse, pensa-t-elle.D'ailleurs voilà bien longtemps qu'il ne me demande plus rien du tout. Mais plutôt que de chercher à savoir d'où venait cette renaissance, elle pensa préférable d'en user sans tarder.

Sans hésitation, la brave femme se mit à genoux sur le lit et prit le vit dansa bouche, commençant par le bout, se délectant de la goutte qui suintait déjà, glissant enfin dans sa bouche toute la longueur du vit qu'elle sentait palpiter sous sa langue. Un gémissement de plaisir répondit à cette caresse et elle suça avec encore plus de détermination et de douceur. Adriano la saisit par les cheveux pour augmenter la pénétration dedans la bouche. Du coup, avec toujours plus d'ardeur et de passion, sa bouche s'activa sur le vit, appréciant sa longueur et son épaisseur. En même temps, elle crut reconnaître l'odeur à la fois forte et fraîche qu'elle avait connu des années avant quand elle s'était mariée, une odeur enivrante, celle de sa jeunesse.

Elle se laissa tant emporter par la passion qu'elle ressentit brusquement un besoin, là entre ses jambes. D'une main elle se caressa la touffe, chercha sa fente, et, en appuyant un peu, celle-ci s'ouvrit comme si elle n'attendait que cela. Le doigt bien enfoncé dans le déduit, elle se sentit à la fois satisfaite pour un instant mais surtout plus affamée encore.

Animée ce cette énorme faim érotique, elle entoura de sa langue le membre que sa bouche retenait, s'appliqua sur le champignon mouillé, et ouvrant grande la bouche, elle engloutit lentement toute la longueur en repensant à ces jours heureux mais si lointains où elle et son cher mari se régalaient l'un de l'autre. Ce jour était revenu, son mari allait la régaler ! Grand Dieu, qu'elle aimait cela, qu'elle aimait sentir son homme vibrer dans sa bouche et y couler !

Sa langue s'agitait sur l'extrémité : celle-ci était trempée d'un mélange de salive et du jus que la virilité laissait couler. Parfois, le vit disparaissait dans la gorge douce pendant quelques instants ; la femme variait la vitesse et la pression, sachant qu'elle entraînait son amant vers l'extase.

En même temps, elle continuait à se doigter le déduit, y plongeant un ou deux doigts qui glissaient avec aisance tant elle était mouillée. Elle cherchait à étirer ses chairs à les remplir dans l'espoir d'éteindre l'incendie qui lui consumait les entrailles.

Sa bouche n'était pas au repos pour autant ! Tout en gémissant doucement, elle continuait à faire tourner la langue tout autour du vit, puis se baissant, elle avalait toute la longueur jusqu'au fond de sa gorge.
Adriano s'abandonnait à son plaisir. Son membre était complètement avalé, et il sentait la gorge de la femme qui se contractait autour du bout. La sensation de son prépuce qui se trouvait tiré en arrière puis revenait en avant dans la gorge était presque insupportable. Pour Adrianao, ce fut si bon, si doux qu'il dût se tendre et lutter pour se contrôler et ne pas éclater à cet instant. C'est à peine s'il pouvait respirer et, ce ne fut que quand elle laissa ressortir le membre du fond de sa gorge qu'Adriano put se détendre un peu.
"Tu es si bon… !" murmura-t-elle, incapable de taire plus longtemps la plaisir qu'elle trouvait à jouer avec le vit de cet homme. Et en même temps, elle se caressait le bouton, et l'affolait de petits rapides donnés par son index ou bien le faisait rouler entre deux doigts.

Adrianao ne répondit pas, mais appuyant sur la tête de la femme, il la baissa jusqu'à ce qu'elle reprenne l extrémité de la hampe du vit. Et à nouveau, il sentit la douceur et la chaleur qui l'entourait, le velours des lèvres, la soie de la langue, pendant la femme faisait aller et venir une main délicate sur la hampe ou sur les balles.

Adriano sentit que le moment approchait. La semence se mit à bouillir dans ses balles. Ne pouvant plus se retenir, il cria qu'il jouissait quand il sentit les veines du membre grossir, la hampe épaissir, le bout durcir et tout le vit tressaillir. Puis il sentit son liquide monter dans la hampe, écarter le petit trou qui s'ouvrit et il explosa, sans chercher à se contrôler mais au contraire se laissant aller pour prendre un plaisir maximum.

La femme fut alors prise d'une sorte de folie érotique et orgasmique : elle se fourra violemment deux doigts dans le déduit trempé et béant, et, sentant la semence de l'homme qui éclatait, elle avala le premier jet, puis le second, se délectant d'un nectar oublié depuis longtemps et, en faisant une sorte de 'Mmmmm' et laissant le membre glisser hors de sa bouche, elle se laissa arroser de longues giclées chaudes qui s'étalèrent sur son visage. Quand ce fut fini, elle saisit le membre encore frémissant et le passa sur son visage pour étaler la crème onctueuse sur ses joues, son menton, son nez et son front. Reprenant le membre encore dur dans sa bouche elle le suça pour en tirer les dernières gouttes. Elle était dans une telle extase de plaisir qu'elle fut prise des spasmes du plaisir charnel qui la laissèrent pantelante entre les jambes de son amant.

Adriano, qui était un homme de cœur, se dit qu'il pouvait rendre à cette femme le plaisir qu'elle venait de lui donner. Lui laissant à peine le temps de se remettre, il se pencha sur elle, l'embrassa et laissa sa langue explorer ce corps féminin encore alangui, s'arrêtant sur ses grosses mamelles avant de continuer sa descente. Sentant une odeur musquée qui montait jusqu'à ses narines, il sut qu'il était arrivé et atteignant le clitoris gonflé, il lui donna quelques coups de langue et, immédiatement, la femme fut prise à nouveau par le plaisir, un plaisir qui semblait ne jamais vouloir cesser. Sans même attendre que le calme fut revenu chez sa douce partenaire, Adriano continua à lui manger le déduit, de plus en plus vite et il sentit que la femme serrait sa tête entre ses larges cuisses. Sa langue allait et venait furieusement , plongeant dans le déduit qui déjà se convulsait.
Et, à nouveau, la femme fut prise par les spasmes du désir,les yeux fermés, la respiration difficile et haletante, les jambes serrées contre la tête d'Adriano, le corps traversé de spasmes et de contractions.

Pareille réaction avait remué les humeurs d'Adriano, qui, du coup, retrouva une nouvelle virilité.
Il se plaça soigneusement entre les jambes de la femme et lentement la pénétra. Elle leva les jambes pour aider son amant et l'entoura de ses bras. Il ne lui en fallait pas plus pour l'encourager et il s'enfonça dans elle autant qu'il le pouvait. Il se retira lentement, et à nouveau, pressa ses reins contre le ventre. Elle répondait à ses coups en avançant les hanches à la rencontre de celles de son amant.
Prenant tout son temps, bien en rythme avec la femme, il la pénétra longuement, s'enfonçant loin dans le déduit d'où coulait le nectar de femme.
Bientôt, il ne pensa plus qu'à son propre plaisir, et il oeuvra dans elle à grands coups, se précipitant de toutes ses forces jusqu'au fond d'elle, avant de ressortir et de recommencer à la labourer. On eut dit un animal en rut qui poussait un grognement à chaque entrée ou bien le pilon d'une machine implacable.
Bien qu'elle eut dû conserver le silence pour ne pas éveiller les autres dormeurs, elle ne put s'empêcher de crier et de dire à l'oreille de son amant:
"C'est si bon, mon mari, oui prends-moi fort, plus fort encore…aussi fort que tu peux "

Adriano, bien entendu, ne lui fit pas remarquer qu'il n'y avait point de mari dans le lit, d'ailleurs il ne répondit pas mais se montra encore plus actif dans son ventre,
Pendant les minutes qui suivirent, elle se retrouva à bondir et rebondir dans le lit sous les assauts du membre qui la prenait brutalement. Elle était comme empalée sur un pieu qui montait et descendait sur lequel elle dansait comme un bouchon sur une vague
Que voilà bien longtemps qu'elle n'avait point été besognée de la sorte, se disait-elle et qu'elle était bien aise que son mari le lui infligeât pareil traitement.

Aussi impossible que cela pouvait être, elle sentit même le membre énorme qui durcissait encore et qui poussait plus loin dans elle, tout au fond, comme s'il cherchait à l'ouvrir en deux; elle le sentit y rester une seconde, donner quelques petits coups rapides et brutalement le vit en elle se contracta et elle sentit la semence qui coulait en elle au rythme des pulsations du membre. Il l'embrassa en se retirant. Elle se sentit un peu frustrée car elle n'avait pas joui par la pénétration.Mais, puisqu'il semblait avoir retrouvé une virilité depuis longtemps disparue, son mari recommencerait et lui donnerait le plaisir qu'elle attendait, pensa-t-elle.

Pendant ce temps, Panuccio, qui avait maintenant comblé ses désirs et satisfait ses besoins et qui craignait que le sommeil ne le gagnât alors qu'il était encore avec sa maîtresse, se leva, abandonnant cette dernière et retourna à son lit. Arrivant devant celui-ci, il se heurta au berceau et supposa donc que c'était le lit des aubergistes : il continua donc jusqu'au lit d'après juste un peu plus loin et s'allongea en fait près de l'aubergiste. Celui-ci se réveilla aussitôt.
Persuadé qu'il avait Adriano à côté de lui, Panuccio souffla à celui-ci, mais en réalité au brave aubergiste :
"Je te certifie que je n'ai jamais vu une aussi jolie créature que Niccolosa, par le sang du Christ, j'ai eu plus de plaisir avec elle qu'aucun homme avec aucune femme, et, écoute-moi bien, depuis que je t'ai quitté je me suis envoyé plusieurs fois au septième ciel avec elle.

Notre aubergiste fut loin d'être ravi d'entendre de telles paroles. Il commença par se demander ce que, diable, cet individu faisait dans son lit. Puis le ressentiment l'emportant sur la prudence :
"Tu m'as déshonoré de la façon la plus scandaleuse, Panuccio " dit-il, "je ne sais point pour quelle raison tu m'as fait pareil tord, mais, par le sang du Christ, je te la ferai payer."
Panuccioi n'était pas le plus discret des hommes, et, alors qu'il venait de se rendre compte de son erreur, au lieu de faire tout son possible pour la réparer, il répliqua/
"Et comment tu me le feras payer ? Qu'est-ce que tu peux me faire, "

"Tu entends comment nos invités se parlent?" dit la femme de l'aubergiste à Adriano, pensant qu'elle s'adressait à son mari.
"Laisse-les", répondit Adriano en riant. "Que Dieu leur donne une mauvaise année car ils ont trop bu hier soir !"
La brave femme avait déjà à moitié reconnu la voix de son mari quand il est en colère, et maintenant, en entendant la voix d'Adriano, elle compris tout de suite où elle était et avec qui. Etant une femme qui aime la discrétion, elle se leva, et, sans dire un mot, elle prit le berceau di bébé. Bien qu'il n'y eut pas un filet de lumière dans la pièce, elle porta le berceau près du lit où dormait sa fille, en devinant son chemin plus qu'en le voyant. Pour finir elle s'allongea près de Niccolosa.
Et alors, comme si le bruit qu'avait fait son mari venait de la réveiller, elle l'appela et lui demanda pourquoi lui et Panuccio se disputaient.
"Tu n'as point ouï", dit le mari "de qu'il dit avoir fait à Niccolosa cette nuit même ?"
"Billevesées, il ment de toute son âme, " la brave femme répliqua. "Il n'était point couché dans le lit de Niccolosa. A quel moment aurait-il pu le faire ? J'étais moi même dans le lit de notre fille et je suis restée éveillée tout le temps… Tu es un idiot si tu le crois. Vous les hommes vous buvez tellement de verres avant d'aller vous coucher que vous rêvez, que vous marchez en dormant et que vos imaginez des choses extraordinaires. C'est bien dommage que vous ne vous soyez point cassé le cou !... Mais que fait Panuccio ici ? Pourquoi il n'est point dans son lit ?"

Là-dessus, Adriano à son tour, voyant avec quelle aisance la femme cachait habilement la faute de sa fille et la sienne:
"Panuccio", dit-il, "je t'ai déjà dit cent fois de faire attention à tes accès de somnambulisme car cette mauvaise habitude que tu as de te lever pendant tes rêves puis de raconter ceux-ci comme s'ils étaient la vérité, cette mauvaise habitude, donc, va t'attirer des ennuis tôt ou tard. Lève-toi, reviens dans ton lit avant que Dieu ne te punisses."
En entendant Adriano confirmer ainsi ce que sa femme avait dit, l'aubergiste se mit à croire que Panuccio avait vraiment rêvé : il le pris donc par l'épaule, le secoua, et l'appelant par son nom, lui dit :
"Panuccio, réveille-toi et regagne ton lit."

Panuccio suivit la ligne de ce qui venait d'être dit et, à la façon dont on parle dans un rêve, il prononça quelques paroles embrouillées, ce qui fit rire notre aubergiste. Puis feignant d'avoir été réveillé lorsqu'il fut secoué par l'épaule, appela Adriano et lui dit :
"Il fait déjà jour que tu m'appelles ?"
"Effectivement", répliqua Adriano, "Viens ici. "
Là-dessus, faisant comme s'il était encore très ensommeillé, il se leva, quitta le lit de l'aubergiste et revint dans celui d'Adriano. Au matin, une fois levé, le brave aubergiste se mit à rire et à se moquer des rêves que faisaient Panuccio.

Pendant qu'on s'occupait des chevaux de nos deux galants, qu'on les sellait et qu'on y installait leurs bagages, tout le monde s'amusa bien de ces plaisanteries. Puis, ces choses terminées et après avoir vidé un dernier verre avec l'aubergiste, les jeunes gens montèrent à cheval et revinrent à Florence, pas mécontents du tout de la façon dont les affaires de la nuit s'étaient passées.
Par la suite Panuccio ne manque a pas de trouver d'autres stratagèmes pour approcher la belle Niccolosa. De son côté, celle-ci assura sa mère que n'était qu'un rêve, le fruit de son imagination. De fait, cette excellente femme, qui se rappelait comment Adriano l'avait possédée, finit par être certaine qu'elle était la seule à savoir ce qui s'était réellement passé.

Note de l'auteur : Celui-ci autorise la copie et la publication (web uniquement) de ses textes à la condition expresse de mentionner dans ces pages web le nom de l'auteur : Hornyboy, et l'adresse du blog : http://www.histoiresdeq.canalblog.com

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08 mars 2007

Le baiser de la Gorgone

Titre original: The Gorgon's Kiss par Cobalt Jade (7 février 1998)

En entrant dans la ville, j'ai remarqué la maison: une imposante demeure en marbre qui scintillait au soleil. Une légère brise venant de la mer agitait mes cheveux sous mon casque. Bien que je sois une Amazone, je ne les avais pas coupés. Je n'avais pas plus coupé un de mes seins. Ce ne sont là que des histoires, celles que racontent les hommes, déconfits par nos capacités guerrières.
Un paysan avec un charrette à âne passa devant moi sur la route; il emmenait un chargement de blé au marché.
" Bonjour, mon ami, " je dis, "Qui habite dans cette maison en haut de la colline ? "
Le paysan était aussi noir et noueux qu'une vieille racine. Il cracha et me dit : " On l'appelle la Gorgone. Elle transforme les hommes en pierre !"
"Hein?" je dis, amusée. J'avais traversé toute l'Hellade alors que cet homme n'avait certainement jamais été plus loin qu'à une journée de chez lui et je savais que les histoires de nymphes et de chimères d'Homère sont évidemment fausses… encore qu'une fois j'ai vu les os d'un monstre conservées dans des couches de terre. " Si c'est ainsi, pourquoi est-ce que les gens de la ville ne marchent pas contre elle et la chassent, en se cachant le vissage comme le faisait Persée derrière son bouclier ? "
Il ne répondit rien, cracha encore et s'éloigna.
Je regardai çà nouveau la demeure. Etrange de trouver une si grande maison là, si loin de Corinthe. Il n' y avait rien d'extraordinaire dans la région pour attirer des gens riches, pas de joli site naturel, pas de grotte où habiterait un oracle, pas de source d'eau minérale. Peut-être que la maison appartenait à une ancienne famille de la région.
Je touchai mon cheval de mes talons et j'entrai en ville.

La ville s'appelait Agrinon et elle était très vivante. J'achetai de la viande à un marchand et je jetai un coup d'œil sur les marchandises car j'avais besoin de certaines choses : des sandales de cuirs neuves, des épingles, un sac pour remplacer celui dans le quel je transportais mes affaires et qui était tout rapiécé. Les marchands qui n'avaient jamais vu une Amazone s'empressaient de me servir. Je suis grande et musclée, presque sans aucune cicatrice et mon visage a l'air encore très jeune. Des amoureux firent une remarque sur la courbure sensuelle de ma bouche et sur la forme de mes hanches et de mon ventre. Mes seins sont encore gros et fermes, semblables à deux petites outres à vin et ils transparaissent même sous la cotte de mailles que je portais. Tout en m'occupant de mes affaires je posai des questions aux habitants sur la maison en haut de la colline.

"Une gorgone? Ridicule!" me dit un marchand de vin de grande taille. C'est une jeune fille qui habite là, la cousine d'une grande famille de Corinthe. Une jolie jeune fille, sage et réservée mais aussi attentive ses affaires commerciales. Elle se nomme Médusine. J'ai dîné avec elle la semaine dernière et je vous assure qu'elle n'a rien d'un monstre. "
" Elle vit seule ? "
"Ses parents lui ont laissé des oliveraies et des vignes et cela lui est d'un bon rapport. Elle pourrait se marier, je suppose, mais aucun des jeunes gens d'ici ne l'attire. J'ai entendu dire qu'elle serait secrètement amoureuse d'un jeune homme de la ville. "
"Justement, je viens de Corinthe, " je lui dis.
"Alors elle serait contente de vous voir et d'avoir des nouvelles. J'irais la voir si j'étais vous. Et sa maison est bien plus confortable que tout ce que vous trouverez dans notre cité. "
Je remerciai l'homme et, ayant terminé mes achats, je partis vers la maison. La route montait en serpentant au milieu des collines et parmi mes vignobles dont l'homme avait parlé. Sur les vignes pendaient des grappes de couleur améthyste qui feraient un vin délicieux. Un mur de briques prêt à tomber et très réparé entourait la maison. Je passai sous une porte voûtée et deux esclaves, tout à leurs occupations, s'arrêtèrent pour me regarder.
"Je viens de Corinthe " dis-je. " Je m'appelle Hippolyte et je suis une mercenaire Amazone. J'ai entendu dire que votre maîtresse aimerait avoir des nouvelles de la ville. "
"Effectivement." dit l'un d'eux, d'un air soupçonneux. " Attendez ici, je vais aller la chercher. " Je suis descendue de cheval et l'autre esclave a emmené ma monture. La demeure était plus petite qu'elle ne le paraissait de la route et bien qu'elle soit imposante, elle n'était pas en si bon état. Des herbes folles poussaient entre les dalles de cour et les colonnes de marbre étaient fissurées et avaient été passées à la chaux. Des papillons voletaient parmi les plants de vigne en fleur et la sauge et de la verveine emplissaient l'air d'une odeur lourde.
L'esclave reparut à la porte. " J'ai dit à ma maîtresse que vous étiez ici. Venez avec moi aux bains où vous pourrez vous rafraîchir. "
Je le suivis à l'intérieur. Les murs de pierre offraient une délicieuse protection contre le soleil. Les bains se trouvaient dans une petite pièce cachée derrière des rideaux. Une frise de néréides et de dauphins décorait le dallage. J'enlevai ma cotte de mailles, mes jambières puis mon chiton et je me glissai dans le bain. Après m'être décrassée et lavée tout mon soul, je passai la tunique propre que l'esclave m'avait apportée, puis je brossai et attachai mes cheveux.

La maîtresse des lieux, Médusine, était déjà là et ses doigts couraient paresseusement sur les cordes d'une cithare. Je retins mon souffle en la voyant. Belle et jeune, aussi fraîche que les fleurs en bouton dans les massifs à l'entrée. Elle leva les yeux avec ses longs cils noirs pour me regarder au moment où j'entrais, Aussi noirs que de la suie, et ses cheveux étaient également noirs… Une tête à la beauté lascive avec une longue chevelure frisée que l'élégance de son chignon et des rubans pouvaient à peine contenir. Ses lèvres couvertes de rosée s'écartèrent comme les pétales d'une rose. Ah non, elle n'avait rien d'un monstre, bien au contraire…
Je m'inclinai devant elle en signe de respect. "Je me nomme Hippolyté. Je vous apporte des nouvelles de Corinthe, Madame, car m'a-t-on dit, vous aimez en recevoir. "
"Oui," dit-elle d'une voix ferme mais aiguë et jeune. Quand elle posa son instrument de musique, ses bras agiles d'une blancheur parfaite effectuèrent un élégant mouvement. Sous son n chiton, son corps ma parut mince et souple. Je savais apprécier un corps de femme après toutes ces années que j'avais passées à Lesbos. " Phèdre, apporte un siège pour l'Amazone. "
Un des esclaves amena une chaise sur la quelle je m'assis en arrangeant ma longue tunique. Je n'étais pas habituée aux vêtements de femme. L'autre esclave apporta du vin frais, sortit de la cave. Nous avons parlé. Ses manières étaient pleines d'assurance mais discrètes. Je me sentais de plus en plus attirée… comme si elle avait été un petit animal sauvage, timide mais fort que j'aurais capturé, tenu à la main et caressé malgré sa résistance.

Quand j'étais arrivée, c'était encore l'après-midi mais le soleil touchait maintenant les collines o l'ouest. Bientôt il affait faire nuit. Des odeurs de cuisine montaient vers moi - de la viande, des épices, du pain. "Nous allons manger dans le jardin, " dit Médusine en se levant. "J'aimerais continuer cette conversation tard ce soir ? Vous pouvez rester ici la nuit si vous le voulez. "
En passant sous une arche nous entrâmes dans un jardin clos de murs avec un balcon qui dominait la mer. Des dattiers et de palmiers y poussaient ainsi que des citronniers avec leurs fruits jaunes. Des buisons de fleurs inondaient l'air de leurs parfums. Mais ce qui attirait vraiment l'œil, c'était les statues. Il y en avait environ une demi douzaine et elles étaient extrêmement belles. Toutes semblaient être absorbées par quelque bonheur érotique. Il y a avait une jeune femme, les yeux grands ouverts, la tête rejetée en arrière, on voyait aussi un beau jeune homme, l'organe viril dressé, les bras tendus comme s'il tenait une partenaire invisible. Tous les détails étaient rendus avec un soin exquis, les mamelons des seins recroquevillés, le courbure des reins, les lèvres entrouvertes derrière les quelles on devinait le dents et la langue.
" Vous devez être très riche pour vous payer tant de jolies statues ? " je dis, oubliant volontairement leur caractère érotique.
Médusine sourit : "C'est ma mère qui les a faites. Elle était devenue très libertine après la mort de mon père. Chaque fois qu'elle avait un amant, elle demandait à un artisan de le sculpter dans la pierre. J'ai eu une étrange enfance en grandissant au milieu de ces géants silencieux. "

Etrange, effectivement et encore plus étrange de dîner au milieu de ces statues. Comme l'obscurité tombait, on avait allumé des torches et, avec les ombres qui dansaient, on aurait dit que les statues, que je voyais du coin de l'œil, bougeaient doucement. Mais si je tournais la tête espérant les surprendre en train de remuer, elles étaient aussi immobiles et silencieuses que toujours. Il n'était pas étonnant que les habitants de la ville l'appellent la Gorgone. Comment penser autre chose en voyant ces silhouettes figées.
"Allez-vous souvent en ville? demandai-je.
"Rarement ". Elle but une gorge de vin, mais un frémissement de ses longs cils trahit son agitation. La lumière des torches faisait de sortes de dessins de feu sur sa peau sans défauts. " Les gens ne me comprennent pas ; ils ne comprennent pas que je préfère être seule avec mes servantes et mes esclaves. "
"Ils racontent des histoires à votre propos."
Elle sourit, amusée. "Je sais. Que je suis une sorcière, que je suis laide. Comme si le voile que je porte était autre chose que le voile qu'une noble dame porte pour protéger sa peau. Ca et aussi mon nom, qui ne peut que vouloir dire Méduse d'après eux. "
Que les gens du pays avaient tord de l'éviter ! Elle avait une forte personnalité, indépendante d'esprit. Je voyais pourquoi on ne pouvait la forcer à prendre un mari dont elle ne voulait pas, simplement pour une question de respectabilité. Les hommes font des lois qui leur donne la charge des femmes et ils sont furieux quand une femme défie leurs désirs. Les femmes sont tout aussi cruelles : elle voient une femme libre et cherchent à la détruire simplement parce qu'elle leur montre leur propres chaînes.
"Moi aussi j'ai du livrer ce genre de bataille," je lui répondis tranquillement. "J'ai quitté Themiscyre au même âge que vous. Quand j'ai commencé ma carrière de soldat j'ai rarement vu une autre Amazone. Je me suis aussi rarement liée d'amitié avec les hommes avec qui je combattais. Ils respectaient mon épée mais ils ne voyaient que mes seins. Les compagnes les plus proches que j'ai eues sont quelques jeunes dans les maisons de plaisir. Comme nous ne sommes guère utiles les uns aux autres, les rivalités et les ressentiments n'ont pas lieu de se développer. "
Médusine sourit en entendant cela, un vrai sourire. Mon cœur était chaud en le voyant. " Peut-être que vous vous êtes faite une autre amie, " dit-elle.
Nous rentrâmes dans la maison. Une esclave jouait de la cithare et en tirait des sons mélodieux. La nuit était chaude et paresseuse, la lune pleine était comme une bête accroupie, de couleur fauve comme une lionne. Une légère odeur de sel venait de la mer, et une autre odeur montait des pierres, vieilles de plus d'un siècle. Elle avait le goût de la terre, la senteur des minéraux. Médusine lut un poème dans un des nombreux rouleaux qu'elle possédait. Comme elle avait l'air virginale, comme elle était belle.
"Tu meurs, toi que j'ai tant désirée
Et mes désirs se sont envolés comme des rêves.
Partie avec toi est la beauté qui me ceignait
Et je dois vivre seul… "
"Vous sentez-vous seule, Médusine ?" je demandai.
Elle arrêta de réciter le poème et leva les yeux vers moi. A la lueur faible de la torche située derrière elle, je voyais la silhouette de sa taille et de ses jambes à travers le fin tissu du chiton qu'elle portait. Ses seins formaient deux grosses fleurs sombres sous les plis du tissu. Elle ouvrit la bouche mais il n'en sortit pas un son. " Je…" commença-t-elle et elle se tut. Ses yeux étaient très sombres, aussi sombres que le ciel avec son scintillement d'étoiles qui auraient pu être des larmes. " Je suis bien ainsi."
Je lui touchai la joue, écartant quelques cheveux en travers de son visage. Comme hypnotisée, elle ne fit rien pour m'arrêter, le lourd collier d'or qu'elle portrait se souleva et retomba sur s poitrine. " Vous êtes belle, Médusine ". Je caressai ses épaules du bout du doigt : elles étaient si douces et je sentais ses os fragiles sous la peau. Elle était tendue, comme une gazelle prête à bondir. Mais elle ne le fit pas. Elle me révéla ainsi sa passion pour moi, son envie encore cachée. "Je voudrais aller avec vous, vous faire l'amour cette nuit si vous vouliez de moi. "
Elle était toute rouge. Nous avions bu beaucoup de vin et la nuit nous rendait encore plus enivrées. " Tu ne sais pas ce que tu demandes, "murmura-t-elle d'une voix aigue et apeurée.

Donc ma jeune Médusine était vierge ou peu expérimentée. Eh bien j'allais avoir un remède à cet état de choses. Je dégrafai son lourd collier et l'enlevai, découvrant son cou et j'approchai mes lèvres de son oreille ; la chaleur de ma bouche la fit tressaillir, comme je m'y attendais. "Je fais ça très bien, " et je lui plantai un baiser - un tout petit baiser- au coin de sa bouche. " Est-ce que je vous ai dit que j'ai passé deux ans sur l'île de Lesbos avec Sappho et Alcaeus ? Tout ce qu'elles m'ont appris, ma chérie. Vous en deviendriez toute rouge si je vous racontai le dixième de tout ça." Je pris son menton dans ma main et je tournai son visage face à moi. "Embrassez-moi, Médusine, et vous ne serez pas seule cette nuit."

Elle battit des yeux et les ferma. Sa bouche s'avança vers la mienne comme si elle était hypnotisée. Ses lèvres s'ouvrirent et se refermèrent sur les miennes.

L'embrasser fut comme partager une journée de printemps, fraîche, nouvelle et forte. Sa langue était un serpent délicat, lent à se réveiller mais agile et elle se donnait à moi. Je levai les mains pour sentir ses jeunes seins, les caressant à travers le tissu. Le contraste entre la chaleur de la chair et le tissu plissé mais souple m'excita. J e sentis l'humidité envahir mon sexe. Les pointes de ses seins étaient comme des charbons ardents. Je les sentis durcir entre mes mains et il me tardait de pouvoir éteindre leur feu dans sa bouche.
Elle pressa son, ventre sur le mien, et sa bouche devenait plus exigeante. Je la goûtai avec volupté et j'avais du mal à me retenir de ne pas bondir sur elle. Cette jeune fille était presque moitié plus jeune que moi.
"Ne pensez-vous pas" dis-je doucement "que nous devrions nous retirer dans une pièce plus appropriée ? "
"Oui, " murmura-t-elle, et ce petit mot cachait tout un univers de sentiments qu'elle n'avait pas explorés et qu'elle ne voulait pas admettre.
Elle se retourna, mais c'était seulement pour renvoyer son esclave, qui, installée derrière un rideau, n'avait pas vu ce que sa maîtresse faisait. Nous allâmes dansa chambre. Des coupes pleines d'herbes séchées répandaient une odeur semblable à celle d'un corps féminin. Son lit avait quatre poteaux que drapaient des rideaux de gaze que la brise agitait doucement. Dans un coin de la chambre on voyait un grand miroir, objet d'un luxe inimaginable. Je me demandai de quel pays il venait. Je notai la disposition du lit, l'angle du miroir et je souris : cette nuit allait être des plus agréables. Quand Mélusine se tourna pour allumer quelques bougies, je défis la boucle de ma robe pour la laisser tomber autour de mes chevilles.
Elle sursauta en me voyant nue. Je sais bien quel effet je fais à mes amantes. J'ai un corps puissant et athlétique, c'est une arme de guerre, mais je suis aussi une femme - mes hanches, mes fesses et ma poitrine l'attestent - et la lueur chaude des bougies faisait ressortir mes formes de femmes, les faisait briller comme brillent l'acier des boucliers et des épées. Chacun de mes muscles, chacun de mes nerfs ressortait, saillant et durs comme sculptés dans le métal. Je n'avais rien de la douce beauté amollie comme celle qui m'attendait. Et pourtant, je l'attendais aussi avec impatience, elle qui n'était pas comme moi parce qu'elle se complèterait avec moi.

Médusine rougit quand je posai mes mains sur ses épaules pour l'amener doucement jusqu'à la couverture brodée du lit. Nous étions assises côte à côte, moi nue, elle habillée et ses mains étreignaient les montants du lit. Avec deux doigts, je touchai son menton pour le lever :
"N'ayez pas peur , " dis-je "je suis douce. "
"Je le sais " dit-elle d'une voix calme mais sourde. " Je sens la bonté qui est en vous. Mais, je ne peux pas …"
"Taisez-vous, Médusine. " J'embrassai sa bouche avec douceur et délicatesse. " Mettez les bras autour de moi. " Je sentis ses mains bouger dans mon dos, ses poignets étaient croisés, elle était sans défense. Je l'encerclai de mes bras et adroitement j'ôtai les deux fibules broches en or qui retenaient le devant et le derrière de son chiton. Le vêtement s'ouvrit, dénudant son corps jusqu'à la taille.
" Oh… ! " dit Médusine, essayant faiblement de le retenir. Je lui pris les poignets.
" Laissez-moi faire." Je tenais ses poignets fermement d'une seule main et je la détaillai comme le fait un marchand d'esclaves. Ses muscles tremblaient mais elle n'était pas de force contre moi. Ses seins étaient petits et hauts placés, les pointes étaient contractées comme des bourgeons prêts à éclore. En dessous, son torse se tendait dans l'effort qu'elle faisait pour me résister. Je la poussai et nous fûmes alors toutes les deux sur le lit, face à face. Ma main parcourut toute sa poitrine. Ma peau bronzée ressortait contre sa chair ivoirine. Mes doigts s'arrêtèrent à sa taille et, rapidement, ils firent tomber le reste du chiton.

Elle était si belle, mince mais forte aussi, sa peau pâle et laiteuse comme les fleurs qu'il y avait dehors.. Quelle impatience j'avais de voir ce corps nu marcher devant moi, parader, courir, sauter, se montrer à moi dans toutes les attitudes possibles, mais cela viendrait plus tard. La tenant toujours captive, je défis les rubans de soie qui retenaient son chignon. Ses longues boucles foncées tombèrent librement sur ses épaules comme des serpents, une riche chevelure noire comme les raisins murs d'un vignoble. Sur son ventre, une autre touffe de poils qui cachait un trésor encore plus grand.
Ses seins dansaient doucement quand je l'allongeai sur le dos. Je passai le bout du doigt sur les pointes couleur du corail et elles se plissèrent un peu plus sous la caresse de mes doigts experts. " Tu veux bien que je te touche, n'est-ce pas, Médusine ? " je murmurai.
" Oui, " dit-elle d'une voix étranglée. Ses yeux, qui n'avaient plus peur de moi, me regardaient fixement, pleins d'un désir ardent.
Je me mis à l'explorer. Je pressai ces jeunes seins, les tenant comme deux colombes apeurées qui battent contre sa poitrine. Je touchai son visage et son cou, effleurai son ventre de ma main calleuse. J'écartai doucement ses cuisses tandis que mes doigts jouaient dans ses poils pubiens. J'avais l'impression d'être un enfant avec une poupée, mais aucune poupée n'a jamais gémit de plaisir comme celle-ci , ni montré de tels signes de bonheur. Je lui demandai de rester immobile, je voulais qu'elle soit passive encore. Je glissai la main derrière elle et caressai les globes soyeux de ses fesses, je les écartai et du bout de mon doigt j'effleurai le bouton que forme son anus sans vraiment le toucher

Sa peau était devenue chaude et fiévreuse. Elle tressaillit quand je touchai son sexe et son clitoris endormi se réveilla soudain, sifflant comme un serpent,comme la Méduse, presque le même nom qu'elle.
Je pris sa main, l'attirai sur mon corps et je la posai sur mes seins. " Touche-moi, ma chérie, Prends les pointes entre tes doigts et serre-les doucement, tire-les vers toi. Oui, c'est ça… "
Ses mains fines se mirent à pétrir mes seins comme une douce pâte à pain. Ils étaient bien plus gros que les siens et n'avaient plus toute l'élasticité de ceux plus jeunes mais le contraste qu'ils formaient avec les muscles durs de mon torse semblait la fasciner. Elle pinça mes mamelons entre le pouce et l'index, faisant rouler les pointes entre ses doigts. Elles se mirent alors à durcir jusqu'à me faire mal, dressées comme la pointe de deux lances.
"Suce-moi, Médusine; avec la bouche."
Elle attaqua mes tétons comme un lionceau affamé ferait avec sa mère. Sous l'effet de sa bouche chaude qui me suçait, mes seins devenaient encore plus durs et pointaient vers les dents et la langue qui les torturaient.
"Doucement, ma petite, " je fis en tapotant légèrement sur sa tête pour la prévenir.
Mais elle continuait à passer rapidement d'un sein çà l'autre. Sa main s'occupait du sein que sa bouche ne touchait pas et elle serrait mon trésor et torturait le bouton protubérant. Sa tête s'agitait entre mes seins pendant qu'elle me suçait, la peau douce de ses joues les caressait et sa chevelure chatouillait ma poitrine. C'était à mon tour de haleter sans pouvoir m'arrêter.

Ses caresses devinrent plus fortes encore et je me tortillais sur le dessus de lit. Je glissai ma main entre mes jambes, me donnant du plaisir avec mon doigt. La langue insatiable de Médusine continuait à voler sur les pointes de mes seins, à les attaquer à petits coups vifs puis à nouveau à sucer. J'étais sa captive maintenant. Ma respiration s'accélérait et la sienne devenait heurtée. J'allais jouir. Je ne le fais pas souvent avec la seule stimulation de mes seins, mais Médusine était si belle !.
Puis elle d'arrêta. Emportée par sa propre passion, elle se caressait elle-même et se touchait les seins.
Oh, quelle chose innocente que de savoir que deux femmes ensemble jouent en solo et pas en duo. Rapidement, je collai mes lèvres sur les siennes, l'embrassant profondément. Un gémissement monta du fond de sa gorge quand ma langue explora sa bouche. Maintenant les pointes de ses seins étaient les prisonnières de mes doigts, et comme tout bon interrogateur, je leur fis donner le maximum de ce qu'ils savaient faire. Son ventre ondulait contre le mien et nous bougions ensemble, comme si nous ne faisons plus qu'un, parfois ventre contre ventre, parfois ventre contre dos, et nos mains ne restaient jamais immobiles, elles exploraient tout le corps de l'autre dans une caresse qui ne se finissait pas.

Pendant que nous faisions l'amour, Médusine s'arrêtait de temps à autre. On aurait dit qu'elle se refusait à me stimuler. Sa passion l'amenait à se régaler de moi mais, juste quand j'arrivais à l'orgasme, elle quittait cette partie de mon corps pour en attaquer une autre ou pour se stimuler elle-même. Je mis ceci sur son manque d'expérience. Et cala ne ma gênait pas trop car j'avais autant de plaisir à regarder son jeune corps se tordre, empalé sur ses longs doigts minces que j'en aurais eu à faire de même sur mon propre sexe. Du coup je ne sentais pas trop la frustration de ne pas parvenir à mon propre plaisir. Néanmoins, ceci était étrange. Il fallait alors que je la ramène doucement vers moi et que mes doigts prennent la place des siens.

Notre excitation grandissait, et aussi la frustration de cette excitation et à la fin, la douce Médusine se retrouva sur le dos, avec ses longues jambes en l'air et je dévorai son sexe qui coulait. Je passai ma langue sur tous les replis, les uns après les autres et je l'enfonçai loin dans elle. Elle poussait de petits cris comme si je la torturais; son clitoris était aussi dur et pointu qu'une graine de grenade. Je le suçai de plus en plus fort, le nez enfoui dans son abondante toison pubienne et ses cris devinrent plus forts, une ululation qui aurait pu réveiller ses serviteurs. Ses pieds étaient crispés, les doigts tendus et ses jambes levées avaient la grâce du cou de deux cygnes… et entre elles, un fauve, une panthère était couchée : elle lapait le jus. Ses longs cheveux retombaient sur sa proie, ses jambes se serraient contre celles de l'autre.

Le corps de Médusine se souleva. Je la tenais par les hanches pour le retenir sur la couche. Sa tête allait et venait sur l'oreiller; ses yeux étaient ceux de la débauche; ses doigts serraient ses seins gonflé ; s. une longue plainte inarticulée monta de sa gorge : "Oh....oh....oh...ah...AHHH! ".
Elle cria plus fort, la tête levée de l'oreiller, les jambes tremblantes. Son ventre se contracta violemment autour de ma langue. Puis elle retomba, silencieuse, la respiration haletante.
Je me levai de la couche et je me collai tout contre elle. Ses yeux s'entrouvrirent et en me reconnaissant, elle dit dans un soupir : " Oh, Lyte, je ne savais pas… "
"La première fois, ma chérie, on est toujours emportée", je dis, pleine de ma sagesse. Je lui versai un verre de vin et j'en fis de même pour moi. " Reposons-nous un peu, et ensuite tu me feras ce que je j'ai fait. "
Je l'ai sentie se contracter, bien que nous ne nous touchions même pas. Pourquoi est-ce que cette fille refusait tellement de me donner un orgasme ? Peut-être avait-elle peur de ne pas être à la hauteur ? M'approchant d'elle, je lui embrassai chaque téton; ils pointaient vers moi, comme de petites fraises roses posées sur le cône laiteux des seins. "Je pourrais avoir vingt orgasmes rien qu'à te regarder Médusine. Bois vite ton vin. Ne perdons pas de temps."

Elle hésitait, peut-être était-elle simplement un peu timide. Mais avant longtemps nos corps furent à nouveau furieusement mélangés et Médusine s'abandonna à moi encore bien plus qu'avant. Cette fois, je la forçai à me le faire et je lui rendis la pareille et même plus encore. Nous étions comme deux animaux qui se débattaient : était-ce comme s'ils voulaient se blesser ou bien se dompter mutuellement, je ne saurais dire. Elle était aussi sauvage qu'une Ménade, les farouches filles de Bacchus. Je l'imaginais courant dans les forêts couvertes de peaux de bêtes, déchirant avec ses dents les créatures qu'elle rencontrait. A ce moment, j'aurais bien voulu avoir un des ces phallus à deux têtes que les Bacchantes utilisent pour leur rituel, mais n'en ayant pas, c'est avec la langue qu'il fallait faire. Bouche contre sexe, nous étions comme liées ensemble, elle me chevauchait et son sexe était ouvert sur mon visage pour que je puisse mieux lécher les replis chauds de sa chair. De son côté, elle semblait accrochée à mon clitoris par langue et mes hanches montaient et descendaient en amples mouvements d'accompagnement. Je pris une décision : cette fois-ci, elle allait me donner un orgasme.
Elle poussa un petit cri quand je fondis sur elle et la léchai de haut en bas. Puis, je lui fis changer de position: agenouillée sur la peau de chèvre devant le grand miroir. J'attrapai l'outre de vin et je versai le reste sur mon ventre. Le vin rouge au goût puissant coula sur mon ventre et sur mon sexe. " Cette fois, ", je lui dis sur un ton à demi enjoué et à demi sérieux, "tu vas ramasser chaque goutte de vin avec ta langue, jusqu'à ce que je crie de plaisir. "
Médusine redressa brusquement la tête. J'étais certaine qu'elle allait dire non, aussi j'enfonçai son visage entre mes jambes avant qu'elle ne puisse refuser.

Elle ne refusa pas, car elle était aussi assoiffée de passion que moi. Elle se mit t à me lécher et cette fois elle ne s'arrêta pas. Sa langue me donnait mille sensation en parcourant tout mon sexe tout en vibrant aussi vite que les ailes d'un oiseau. Mes doigts étaient enfoncés dans son épaisse chevelure bouclée et ainsi je la tenais serrée contre moi. Le miroir était notre seul témoin, un témoin silencieux. Dans son reflet, je m'y vis triomphante avec cette beauté si délicate devant moi, subjuguée et obéissante ; et pourtant, moi aussi j'étais soumise à elle et je tremblais du fait de sa langue, j'étais à la fois victorieuse et vaincue. Je gémissais de plaisir sans pouvoir me contrôler en frottant mon sexe sur son visage. Elle me saisit par les fesses et, avec cette prise, elle me pressait contre elle. Ma peau fourmillait de picotements, mes membres tremblaient. J'étais en feu et je me sentais me noyer, tout cela en même temps. Je levai les mains pour me toucher les seins, les serrer comme potier fait avec l'argile et je me pinçai les tétons. J'appuyai mes jambes contre les épaules de Médusine, écrasant son corps frêle entre mes cuisses. L'une comme l'autre , nous étions en dehors du temps et de l'espace et tout l'univers qui nous entourait était témoin de noter ardeur, depuis les meubles de la pièce jusqu'au statues de marbre qui se dressaient silencieuses, dehors dans le jardin, éclairées par la lune.

J'étais sur le point d'avoir un orgasme. Ma respiration était haletante. Médusine me suçait et me léchait. Je sentis tous mes muscles durcir, se relâcher, durcir et la tension accumulée éclata, comme une vague qui déferlait à travers moi. Pulsations sur pulsations de plaisir s'abattirent sur moi. Ma bouche s'ouvrit mais resta silencieuse pendant que j'étais parcourue de spasmes. Les contractions me semblaient venir de la terre elle-même, elle montaient à travers la plante de mes pieds et rejaillissaient à travers ma tête, elle me paralysaient et me rendaient aussi dure qu'un glaçon.
Aussi dure que les statues qui attendaient à l'extérieur.
J'ouvris les yeux et Médusine s'écarta brutalement de moi, sanglotant sur le sol. Une étrange sensation commença à envelopper mes pieds. En regardant dans le miroir, je vis la peau bronzée de mes doigts qui devenait sombre et grise comme un tissu trempé dans de la teinture, et ils changeaient de texture ; prenant le grain grossier du granit, cette pierre d'un gris foncé parsemée de minuscule points blancs. Je me transformais en pierre.
Ô douce Artémis, non, ce n'est pas ce qui m'arrivait! J'essayai de bouger mais j'étais figée dans la position même que l'orgasme m'avait laissée. Le gris entoura mes pieds et monta sur mes chevilles et lentement s'étendit sur mes jambes, jusqu'en haut. Au dessus ma peau sentait la brise de l'air et j'entendais avec anxiété chaque battement de mon cœur. Mais en dessous du gris, je ne sentais rien.

Pas la moindre douleur, non pas une sensation.… juste un engourdissement.

La sueur se mit à perler sur mon front, mais ce n'était que le signe avant coureur d'une terreur bien pire encore.

L'ombre grise monta doucement sur mes cuisses, les transmutant, faisant de moi une déesse de pierre comme j'en avais vue dans les temples d'Athènes et de Thèbes. Mes pieds étaient déjà immobiles, plantés sur le dallage de la chambre de Médusine et seuls les efforts de plusieurs personnes pourraient les bouger. Je vis mes cuisses se solidifier en deux colonnes de pierre. J'aurais crié si j'avais pu mais seuls d'imperceptibles soupirs sortaient de mes lèvres. Mon corps musclé, dur et sculpté serait dur pour toujours.

L'immobilité et la grisaille s'emparèrent de mes fesses comme le fait un amant qui lèche lascivement mon entre jambes. Puis, lentement, l'immobilité passa de mes hanches à mon ventre et la chair encore vivante reçut les ondulations de la pierre. Avec horreur je la vis s'étendre et pousser jusqu'à mes reins et entrer dans mon corps. Cette sensation m'étreignit comme un second orgasme qui mêlait , douleur et plaisir quand l'intérieur de mon corps fut pétrifié. C'était une sensation de lourdeur, celle d'être pleine, un peu comme quand on attend un enfant, mais cette fois il n'y aurait pas d'enfant.

Des pleurs coulèrent de mes yeux quand la grisaille pétrifiante monta jusqu'à ma poitrine. Mes seins devinrent deux poires de pierre, durs et immobiles, leur douceur et leur mobilité à jamais fossilisées. Puis ce furent mes poumons et mon cœur devenu silencieux pour toujours. Mes seins furent pétrifiés puis la paralysie gagna mes bras. Mes mains devinrent des sculptures exprimant le mouvement mais qui ne lèveraient plus d'épée ou ne caresseraient d'amante. Je sentis ma chevelure devenir une masse compacte de pierre et se fondre dans mon dos. Alors je sus qu'il n'y avait plus d'espoir. La transformation était irréversible. J'avais affronté de puissants guerriers, des sorciers des lions et d'autres bêtes sauvages. Maintenant, moi, Hyppolite l'Amazone, j'avais été défaite par une simple fille.
La plaque de gris effleura mon menton comme la marée qui monte. Pourquoi me faites-vous cela ? Je voulus crier. Mais Médusine avec le visage sombre ne pouvait que pleurer et ne dit rien.
Mon visage devint gris. Mes narines se bouchèrent, mes oreilles furent scellées. Ma bouche se ouverte se figea en lançant un cri silencieux. Muette et impuissante, je sentis la paralysie atteindre le haut de ma tête. La transformation était terminée.

A travers la brume de mon regard, je vis Médusine se lever. Elle essuya des larmes sur son visage. Elle s'approcha de moi et tendit une main tremblante pour prendre les globes durcis qu'étaient mes seins. Du bout du doigt elle toucha les tétons qui lui avaient donné tant de plaisir. Elle passa la doigt sur ces ex pointes de pierre, comme si elle ne pouvait pas croire ce qu'elle avait fait. Elles étaient encore érigées, figées au milieu de mon excitation. Mais il n'y aurait plus d'orgasme pour les faire vibrer et les faire vivre.

Sa main passa sur mon ventre et j'entendis le bruit de sa paume qui glissait sur la pierre. Elle décrivit toutes les courbures jusqu'entre mes cuisse, regrettant peut-être de ne plus pouvoir toucher la fine toison qui avait poussé là et elle glissa un doigt entre mes jambes. Mais ils ne trouvèrent aucune ouverture. Comme je m'en doutais la pierre avait scellé mon intimité.

Sa main glissa derrière moi pour explorer encore et, bien que je ne le sentais pas, en regardant dans le miroir, je pus voir qu'elle touchait mes fesses. Je la vis poser brièvement sa joue sur la pierre comme si elle voulait encore embrasser ce globe.

Elle se releva enfin et me regarda dans les yeux. Les siens étaient emprunts d'une infinie tristesse et d'un infini regret. Dans les vieilles légendes, la Gorgone est censée mourir quand elle voit le reflet de son visage. Mais dans le miroir je n'ai vu qu'une jeune femme triste et la statue d'une Amazone saisie pour l'éternité au moment de son orgasme.
"Je suis si triste de t'avoir fait ça." dit-elle. C'est un sort qu'on m'a jeté, tu vois, et je le regrette à chaque instant de ma vie. Tous ceux qui m'aiment deviennent de la pierre. J'ai essayé de te le dire, j'ai essayé de ne pas te donner de plaisir. Tu vois, ce sont les ultimes spasmes du plaisir qui déclenchent le processus. Mais je n'ai pas pu arrêter à temps. "
"Je vis depuis des années avec cette malédiction. Je ne souhaite pas l'infliger aux autres c'est pourquoi j'ai trouvé des moyens de me satisfaire seule. En général j'y parviens. Mais de temps à autre le désir d'avoir un amant devient si fort que je dois être satisfaite, quelqu'en soit le prix. J'essaie de faire attention, comme tu as vu, mais… ", ses yeux se tournèrent vers le jardin, " j'échoue souvent. "
Je me demandai quelle était sa vie, ainsi isolée et sachant qu'elle apportait un sort cruel à tous ceux qu'elle aimait.
"Je suis si triste," dit-elle encore. "Mais tu ne vieilliras pas, tu ne connaîtras ni malade ni mort. C'est peut-être le bon côté des choses. "

Elle tapa dans les mains pour appeler les serviteurs. Deux hommes arrivèrent tirant un petit chariot - comme s'ils s'attendaient à ce qu'on en ait besoin. Ils se saisirent d moi, me placèrent sur le dos dans le chariot et mon champ de vison bascula à la verticale; ils grommelèrent que j'étais trop lourde. J'ai compris, ô affreux désespoir, que j'étais en vie mais prisonnier de la pierre. Et je le serais pour toute l'éternité, au moins jusqu'à ce que la pluie, la mousse et le vent m'érodent et me réduisent en poussière.
Ils m'ont sorti de la chambre sur le chariot. Mon dernier souvenir c'est celui de Mélusine, debout, nue, figure tragique dans l'obscurité, la tête courbée, le visage caché dans ses mains.


Le lendemain, Médusine m'a fait installer sur un socle de marbre dans son jardin. Maintenant, je connais l'origine des autres statues. Et je sais qu'elles aussi furent vivantes et qu'elles désirent communiquer avec les autres tout autant que moi. Jour après jour, nuit après nuit, nous attendons ici et nos seules sensations sont les changements de saisons dans le jardin, la lumière qui joue avec l'ombre et ce que fait notre maîtresse.

De temps à autre elle reçoit un invité dans le jardin, un marchand de vin de la ville ou un grand dignitaire de passage. Et parfois, j'observe une lueur dans ses yeux et la réponse de l'autre : je sais que l'hôte va passer la nuit dans on lit et peut-être nous rejoindre au matin.
Je veux hurler et les avertir mais je ne peux bouger ma langue de pierre.

Auteur : Cobalt Jade (Cobaltjade@aol.com)
Cette histoire peut être diffusée sous forme électronique tant qu'elle est gratuite et en conservant le nom de l'auteur.

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17 novembre 2006

Emma

En Juin dernier, a eu lieu à l'Hôtel Drouot à Paris une vente aux enchères  de lettres autographes, de manuscrits et de documents ou de souvenirs  historiques, artistiques ou littéraires.  Parmi ceux-ci, un feuillet a  particulièrement attiré l'attention des collectionneurs, deux pages de la main même de Flaubert, un des plus grands romanciers français du 19ème siècle, une variante inédite  et encore inconnue d'un chapitre de Madame Bovary, le chef d'œuvre de cet auteur.
Nous remercions Monsieur Michel G., le célèbre collectionneur, de nous avoir autorisé à prendre connaissance de ces pages et à les reproduire.

Le jour était à peine levé par cette froide matinée de Novembre et elle somnolait dans la diligence qui l'emportait vers la ville. L'Hirondelle allait à bonne vitesse, tirée par les trois  chevaux. Dans la lumière pâle, elle reconnut les premières maisons de  Deville. Elle n'allait pas tarder à apercevoir la ville descendant tout en amphithéâtre  et noyée dans le brouillard, et  s'élargissant au delà des ponts, confusément.

Elle sut alors que, dans moins d'une demi heure, la voiture s'arrêterait sur le boulevard et que, quelques minutes plus tard, elle serait avec Léon..
La pensée de ses étreintes avec Léon ne l'avait pas quittée depuis le jeudi précédent et, avec impatience,  elle avait attendu  que la semaine passât et qu'elle pût se serrer à nouveau dans les bras de son amant. Toute son âme était tournée vers les heures  qu'elle passait avec Léon dans leur chambre de l'hôtel des Flandres.
 
Des images défilèrent dans sa tête, celles  des caresses qu'il lui avait prodiguées,  la sensation presque inconnue qu'elle avait ressentie quand il avait touché sa poitrine, les picotements  qu'elle avait éprouvés quand la main  de Léon  avait rencontré la barrière de dentelle des vêtements qu'aucun homme hormis son mari n'avait jamais encore vus, la chaleur qui l'avait envahie quand il avait approché sa bouche de son intimité, ses tressaillements puis ses cris quand il l'avait possédée, longuement, doucement et totalement. Alors, dans la diligence, au milieu des passagers,  un trouble envahit Emma, une frisson, une contraction au plus profond de son être, une sorte de vague qui semblait venir du fond d'elle même, un émoi de la même nature que celui qui l'avait envahie  la semaine précédente quand Léon était entré en elle, avait œuvré en elle, doucement puis plus vite avant qu'il ne lâchât son fluide d'amour.  Elle sentit  un spasme qui la traversait, et qui partant de son ventre, gagnait tout son corps, s'attardait dans sa poitrine que des étincelles traversaient avant de monter sur son visage. Elle sut que se joues  s'empourpraient , elle s'entendit pousser des soupirs. Haletante, effrayée de s'être laissé emporter, elle tourna ses yeux vers ses voisins, mais ceux-ci  somnolaient et paraissaient  ne rien avoir remarqué.

On s'arrêta enfin à la barrière; Emma rajusta son châle, et, vingt pas plus loin, elle sortit de l'Hirondelle. Elle marchait les yeux à terre, frôlant les murs, et souriant de plaisir sous son voile noir baissé. Par peur d'être vue, elle ne prit  pas le chemin le plus court. Elle s'engouffra dans les ruelles sombres, et elle arriva tout en sueur vers le bas de la rue Nationale, près de la fontaine qui est là.
 
 
Elle entra dans l'hôtel, monta l'escalier et ouvrit la porte : le tiède appartement, avec son tapis discret, ses ornements folâtres et sa lumière tranquille, semblait tout commode pour les intimités de la passion. Regardant par la fenêtre, elle le reconnut à sa chevelure frisée qui s'échappait de son chapeau. Il arrivait!  Il ouvrait la porte, il entrait... Quelle étreinte!
Leurs bouches se cherchèrent, se trouvèrent pour un long baiser. Ensuite elle lui ouvrit les bras, prit  ce grand corps tout contre elle. Il la serra très fort, trop fort. Il tremblait et ils se dirigèrent enfin vers le lit et se tinrent enlacés.
Le lit était un grand lit d'acajou en forme de nacelle. Les rideaux de levantine rouge  descendaient du plafond; et rien au monde n'était beau comme sa tête brune et sa peau blanche se détachant sur cette couleur pourpre, quand, par un geste de pudeur, elle fermait ses deux bras nus, en se cachant la figure dans les mains.
Il allait  lui faire  découvrir une fois de plus  le plaisir physique, celui de  se laisser aimer, et, de profiter de ces merveilleux plaisirs qu'il  offrait si amoureusement. Plus de trace d'appréhension. Elle sentait  toute la tension de la semaine s'évanouir, et retrouvait leur  complicité avec bonheur.
Il  la prit avec d'incessantes caresses et envahit lentement son corps jusqu’à la pénétrer en totalité. Elle sembla s'émerveiller au plaisir indescriptible  que cet acte si naturel lui apportait.
Jamais un homme n'avait osé aller si loin avec elle, ne l'avait aimée si intensément, si follement. Quand ils furent complètement unis, leurs bouches se joignirent à nouveau pendant qu'ils se balançaient  doucement.

Elle sentait Léon au plus profond d'elle, chaud, doux et envahissant. Elle se pressait contre lui pour le sentir encore mieux. Elle ne voulait plus rien d'autre que prolonger ce moment, et recevoir en elle le fruit de la passion. Elle brûlait de partout, jamais elle n'avait eu aussi chaud, et son cœur battait tant qu'elle  avait l'impression qu'il ne résisterait pas. Presque au même moment que lui,  la passion emporta son coeur enfiévrée, elle  laissa sortir un long cri, presque un gémissement  animal qui révélait la force et la beauté de son amour. Léon  se détacha lentement d'elle pour s'allonger à ses côtés tout en la caressant encore...

Puis les paroles, après les étreintes, se précipitaient On se racontait les chagrins de la semaine, les pressentiments, les inquiétudes pour les lettres; mais à présent tout s'oubliait, et ils se regardaient face à face, avec des rires de volupté et des appellations de tendresse.

Puis la passion les reprit. Il sentit qu'il recouvrait sa vigueur et elle s'en rendit compte aussi quand elle baissa les yeux. Alors son regard s'illumina et elle tendit la main pour toucher le renflement...  Il la voulut nue, livrée à lui. Jamais encore elle ne s'était montrée ainsi,  pas même à Charles. Elle ne pouvait pas se résoudre à se dénuder devant lui, fut-il son amant.
Elle put lire la passion  dans les yeux de Léon, une passion folle. A un moment elle lui demanda de ne pas exiger d'elle ce qu'elle n'aurait exigé de personne mais elle savait qu'il n'écoutait pas. Elle parla de pudeur; mais  elle savait aussi qu'elle ne voulait pas qu'il arrêtât. Il déboutonna  lentement sa blouse pendant que ses lèvres se joignaient aux siennes. Elle cessa de lutter contre le désir qu'elle avait en elle et elle releva un peu le buste pour l'aider à passer les manches et à l'enlever.
Il  lui ôta ses autres vêtements un par un,  sans prêter attention à ses timides protestations et, dans sa hâte,  les jeta au milieu de la pièce.

Ce fut au tour de la jupe, puis du jupon de rejoindre le tas. Elle s'insurgea presque quand il voulu lui enlever l'ultime protection de sa féminité, gémit qu'il ne devait pas, le supplia, mais si faiblement qu'il comprenait qu'elle acceptait et, bien plus, le demandait, l'espérait, l'attendait. Soulevant ses hanches, elle l'aida même à faire glisser l'étoffe sur ses jambes.
Elle restait allongée nue sur le lit, les bras croisés sur sa poitrine pour la protéger du regard enfiévré de Léon. Il lui demanda de les décroiser, et, à contre cœur, elle le fit lentement, il sut qu'elle venait d'abdiquer  totalement devant lui. Elle retira lentement un bras, puis l'autre et les laissa reposer de chaque côté de son corps.
Alors il la contempla un instant, allongée sur la courtepointe pourpre.  Il regarda l'ivoire de la peau et la forme de cette poitrine, comme un fruit mûr que surmontait le brun de mamelons qui étaient déjà dressés et semblaient attendre qu'un main ou une bouche  vint jusqu'à eux
- Oh ! Ne bouge pas! Ne parle pas! Regarde-moi encore!, dit-elle.  Il sort de tes yeux quelque chose de si doux, qui me fait tant de bien.
Il admira la courbure des hanches, et la finesse de la taille et juste là, remarqua le petit bouton du nombril. Il se sentit l'envie de l'embrasser et d'y passer la langue.
Puis il détailla les jambes, minces, joliment faites, la plus belle des courbes de ce corps  et enfin  s'attarda sur l'entrecuisses.
Elle avait les jambes encore  serrées, par un ultime geste de pudeur, comme si elle voulait encore se garder de lui. Elle résista faiblement quand il lui demanda de les écarter. Il passa doucement sa main entre les genoux et remonta avec lenteur vers la grotte d'amour.
Ses jambes  se séparèrent enfin, elle s'offrit à lui, exposant complètement la gloire de sa féminité. Il eut voulu embrasser tout de suite ce doux tapis, y plonger ses lèvres mais il continua à  regarder la beauté  fascinante : il vit la courbure de lèvres qui s'enfonçait doucement entre ses jambes, vers l'ombre d'une grotte  qu'il allait envahir encore une fois. A ce moment il sentit qu'une goutte humide et chaude mouillait  l'extrémité de sa hampe et il eut peur que, devant tant de beauté et  de perfection qui se révélait à lui, il  risquât de  laisser aller sa semence aussitôt qu'il serait  entré dans le lieu d'amour. Emma ne put réprimer un frisson, celui d'une attente impatiente . Il le vit.   Alors il n'hésita plus et baissa sa bouche vers le ventre qui s'offrait et elle sentit son souffle comme un chaude caresse sur  sa peau humide te douce. Enfin il s'approcha encore plus jusqu'à toucher.

En s'enfonçant entre les cuisses d'Emma  son visage frôla l'intimité de sa maîtresse  et sa langue en goûta le parfum doux et envoûtant.  La langue  força l'entrée de la grotte et s'y enfonça. Pour la première fois de sa vie Emma sentit une langue au plus profond d'elle même. Sa respiration était haletante, sa poitrine se soulevait,  ses mains se crispaient , elle plantait ses ongles dans les reins de son amant et elle ne cessait de gémir son nom  A un moment, celui-ci. abandonna la grotte intime et passa le bout de sa langue sur le bouton d'amour pour l'aguicher. Il alternait  les deux caresses, elle se soulevait  vers lui et, comme suffoquée d'enivrement, murmurait les mots de l'amour qu'elle n'avait jamais prononcés encore. Elle lui demanda même de continuer, de la prendre et se mots passionnés s se terminaient dans des halètements quand la bouche et la langue  de son amant touchaient  les parties les plus intimes soit en décrivant de petits cercles soit en allant et venant.

Sans même le vouloir, ses hanches réagissaient à chaque coup de langue, se pressaient  contre la bouche, ses mains couvraient la tête et les épaules de Léon de caresses répétées. Elle sentit une chaleur l'envahir : ce fut d'abord un frisson, une étincelle, puis dix, puis vingt là où Léon  l'embrassait, puis le feu monta dans son corps, tout son être frissonna,  tressaillit, se contracta. Elle savourait pour la première fois l'inexprimable caresse de son amant. Quand elle revint  à elle, elle sentit les bras de Léon autour d'elle, chauds , pleins de réconfort et d'amour. Son regard rencontra le sien; elle y lut un mélange de surprise et de gratitude et elle sut que ses yeux à elle, exprimaient les mêmes sentiments...
Ils déjeunaient au coin du feu, sur un petit guéridon incrusté de palissandre. Emma découpait, lui mettait les morceaux dans son assiette en débitant toutes sortes de chatteries; et elle riait d'un rire sonore et libertin quand la mousse du vin de Champagne débordait du verre léger sur les bagues de ses doigts. Ils étaient si complètement perdus en la possession d'eux-mêmes, qu'ils se croyaient là dans leur maison particulière, et devant y vivre jusqu'à la mort, comme deux éternels jeunes époux.

Tout à coup elle lui prenait la tête dans les deux  mains, le baisait vite au front en s'écriant : "Adieu!" et s'élançait dans l'escalier.
Elle allait rue de la Comédie , chez un coiffeur, se faire arranger ses bandeaux. La nuit tombait; on allumait le gaz dans la boutique.
Puis elle s'en allait. Elle remontait les rues; elle arrivait à la Croix rouge  et se tassait à sa place, sur la banquette de la diligence,  parmi les voyageurs impatientés.

Note de l'auteur : Celui-ci autorise la copie et la publication (web uniquement) de ses textes à la condition expresse de mentionner dans ces pages web le nom de l'auteur : Hornyboy, et l'adresse du blog : http://www.histoiresdeq.canalblog.com

Posté par hornyboy à 20:20 - Histoire et litérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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